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A la rencontre de Buridane

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A l’occasion de la sortie de son 2ème album ce vendredi 6 octobre, nous avons pu échanger avec Buridane. Partez à la rencontre de cette artiste attachante, à l’univers bien inspiré.

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   > Pour tout ceux qui ne vous connaissent pas encore… D’où vient Buridane ?

Je pense que prendre un pseudonyme c’est une façon de parler de soi, de dire mieux qui l’on est et pas d’être quelqu’un d’autre et j’ai rajouté un « e » à Buridan, qui est le nom d’un philosophe et qui raconte combien c’est compliqué pour l’être humain de faire des choix. Il raconte l’histoire d’un âne qui a traversé le désert et qui, à la fin de son voyage, est mort de faim et mort de soif et il se retrouve entre un seau d’eau et un seau d’avoine et il veut tellement faire le meilleur choix qu’il se dit « si je vais d’abord boire, je vais mourir de faim », « si je vais d’abord manger je risque de mourir de soif en chemin » et il est tellement consciencieux qu’il réfléchit beaucoup trop longtemps, donc il en meurt. Je me retrouvais beaucoup dans cette petite bête et c’était un peu un mantra pour dire qu’il n’y a pas de mauvais choix, il y a celui qu’on fait et il faut aller au bout. Tout ça en dit déjà un peu sur l’univers. Sinon je suis auteur-compositeur-interprète, j’écris en français, je compose majoritairement à la guitare et j’essaye de faire une musique qui n’est pas vraiment faite pour danser, mais plutôt pour se recentrer sur soi, pour mettre des mots sur des émotions, pour faire la catharsis d’émotions qui nous encombrent et mettre aussi de la poésie dans ce monde un peu brutale.

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   > De quoi vous inspirez-vous pour écrire vos textes ? Auteurs, réalisateurs, vécu… ?

Effectivement ça vient beaucoup du vécu, puisqu’on ne parle jamais mieux des choses que quand elles sont passées par vous et puis, pour ma part, je pense qu’on est nourrit par tout ce qui peut nous toucher de près ou de loin, dans des films, dans des lectures… Il y a un auteur que j’aime beaucoup qui s’appelle Grégoire Bouillier, qui vient d’ailleurs de ressortir un livre 8 ans après son dernier et tout ça je pense que ce sont des gens qui nous nourrissent de façon inconsciente.

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   > Vous avez sorti Pas Fragile il y a plusieurs années, puis vous avez fait une pause avant de revenir avec Barje Endurance, pourquoi ?

C’est marrant, vous êtes la première personne à utiliser le terme de pause et je ne l’ai pas du tout vu comme ça, même si c’est peut-être une pause médiatique, d’une certaine façon. Mais il y a eu beaucoup de concerts en 2014 et 2015. Moi, je ne vois comment on peut écrire un album tous les ans, parce que pour écrire quelque chose qui me semble juste, pour moi en tout cas, on a besoin de vivre et on ne vit pas forcément quand on est en tournée. Et ce temps-là il est nécessaire pour la création. Ce sont des périodes d’incubation, qui sont invisibles, ce qui peut donner l’illusion d’une pause. Mais tout ce temps-là est du travail, de la recherche, de l’écriture, sur la musique, sur les arrangements… Puis c’est aussi tout le business de la musique. Par exemple, l’album est prêt depuis 1 an et il va seulement voir le jour le 6 octobre parce qu’il y a beaucoup de matière à créer : il faut faire des clips, il faut choisir la bonne période pour le sortir… et tout ça peut vite nous emmener 5 ans plus tard.

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   > Barje Endurance sort aujourd’hui, appréhendez-vous ? Comment vous sentez-vous ?

Je suis quelqu’un qui vit plutôt au jour le jour. Je suis déjà très contente que cet album existe concrètement, qu’il sorte et que je me sente en cohérence totale avec ce qu’il est. J’ai l’impression que c’est moi aujourd’hui et ça c’est déjà c’est un peu une victoire. Il y a forcément des attentes mais je ne veux pas penser à après. Je suis impatiente. Je suis contente qu’il sorte.

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   > Vous avez une date de prévue le 14 novembre à La Maroquinerie, à Paris. Avez-vous prévu une tournée également ?

Oui, on a déjà commencé les dates depuis cet été, puis il y en a quelques-unes en octobre. On fait une résidence aussi, pour essayer d’offrir le meilleur qui soit. Il y a aussi des dates à Lyon, à Reims, à Annemasse, à Toulouse et à Paris donc et ce jusqu’en décembre. Puis la tournée va continuer de se monter petit à petit.

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   > Barje Endurance est un album affirmé, que vous avez entièrement composé, comment s’est passé son processus de réalisation ? Qu’est-ce qui vous a décidé à revenir avec cet album ?

Je me souviens, j’étais en studio pour Pas Fragile et j’avais écrit, à ce moment-là, le titre qui s’appelle La Transition et je savais que j’avais envie de faire ce 2ème album, que je m’engageais sur ce chemin-là. Après je ne savais pas à quoi ressemblait ce chemin, ni le temps que ça prendrait. Et puis il y avait la véritable idéologie de travailler moi-même les arrangements des titres, de ne pas juste apporter des guitares-voix et de les faire arranger par quelqu’un d’autre. Donc ça a aussi été pour moi une longue phase solitaire de recherches et de travail à la maison, sur l’ordinateur. Puis quelques années après, j’ai fait appel à Cédric de La Chapelle, qui est un musicien et qui m’a aidé à réaliser cet album, qui a peaufiné les arrangements, qui m’a aidé à emmener ce disque jusqu’au bout de sa conception.

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   > Vous avez des choses à dire. Barje Endurance était-il un moyen de vous libérer, de mettre en musique vos émotions, vos sentiments ?

Complètement. Pour moi la musique est une forme d’art et l’art ça permet justement d’exprimer des choses et de les sortir de soi et effectivement de se libérer d’abord soi. Mais j’espère et j’imagine aussi, libérer les autres. Parce que, par exemple, sur des retours à la fin des concerts, il y a des gens qui peuvent être touchés par certaines chansons. Et je trouve que d’arriver à mettre des mots pour ceux qui n’ont pas le temps ou pas l’envie ou qui ont juste autre chose à faire… C’est comme quand je vais au cinéma et que je suis bouleversée par un film et bien la musique à pour moi cette même vocation. Il y a plein de façons différentes de faire de la musique : de la musique pour mettre de la joie et pour danser, la musique pour faire le ménage, et puis la musique qui permet de se regarder soi, de se recentrer sur soi, de libérer l’émotion.

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   > Et après ? Des clips… D’autres envies d’albums, des envies de collaborations ?

C’est une bonne question. Effectivement on a déjà très envie de faire vivre cet album le plus possible mais c’est vrai qu’on est déjà aussi dans l’après, le troisième… Et musicalement j’aurais vraiment très envie de collaborer avec d’autres gens parce que je pense que tout seul on finit un peu par tourner en rond, même si je n’ai pas spécialement senti ça sur le deuxième, mais je sens que ça pourrait me guetter et que du coup le renouvellement de l’air et la circulation des énergies passent aussi par ouvrir la porte à d’autres… Je ne sais pas du tout qui mais ça me passe par la tête.

Merci Buridane !
Nouvel album Barje Endurance disponible aujourd’hui.

www.facebook.com/buridane

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Actuellement chargée de communication, je me passionne pour la musique, son histoire, son évolution. Je cours les concerts et je chine les vieux vinyles. Je passe des heures à découvrir de nouveaux sons.

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