HomeInterviewsEn avant-première : « Les hommes de demain », le nouveau titre de Cyril Mokaiesh et quelques confessions…

En avant-première : « Les hommes de demain », le nouveau titre de Cyril Mokaiesh et quelques confessions…

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Ce matin, Cyril Mokaiesh sort un nouveau titre intitulé Les hommes de demain, accompagné d’une vidéo coulisse. Presque un an après la sortie de son album Clôture et plusieurs dates en première partie de Bernard Lavilliers, ce nouveau titre nous replonge dans ce bel album. Cyril nous en parle plus en détails…

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   > Vous dévoilez votre nouveau titre ce matin, comment vous sentez vous, appréhendez-vous ?

Non en ce moment je suis hyper content. C’est rare de pouvoir dire ça mais c’est vrai. Je sens qu’en ce moment il y a une dynamique qui est appréciable parce que la tournée liée à mon album Clôture était plutôt vouée à s’arrêter bientôt, il ne me reste que quelques dates à jouer. Et puis la bonne nouvelle ça a été de partir sur toutes les premières parties de Bernard Lavilliers, qui a enregistré un duo avec moi sur mon disque et du coup il y a une énergie qui est revenue. On m’a dit « tu vas faire 40 dates dans les grandes salles donc il y a peut-être moyen que tu puisses te faire découvrir avec tes chansons, peut-être essaye d’en écrire d’autres » et comme je suis quelqu’un qui, continuellement, fait des chansons, j’en avais quelques-unes en travaux comme ça et ça a été un plaisir de se remettre à la tâche, de ne pas attendre qu’il se passe deux/trois ans avant de ressortir un disque, avec les doutes qui vont avec la période de gestation… Du coup il y a une énergie complètement imprévue et appréciable qui en ce moment m’habite.

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   > Donc justement, vous venez de jouer en premières parties de Bernard Lavilliers. Comment s’est passée la rencontre avec ce grand homme ?

Elle s’est passée très simplement. Moi je suis quelqu’un qui est admiratif de son travail depuis un moment et j’ai eu envie de tenter ma chance et de lui envoyer ma chanson, La loi du marché, il y a quelques-mois. Dans ce métier c’est souvent compliqué de se faire entendre et en l’occurrence Bernard est quelqu’un qui ne pose pas de question quand il aime je crois. Et il a aimé cette chanson et il a voulu la chanter avec moi et je crois que c’est assez rare qu’il vienne chanter une chanson sur l’album d’un autre. A ce moment-là il m’avait dit « voilà on fait équipe » et quelques mois plus tard, il ne m’a pas oublié et j’ai vécu trois Olympia formidable la semaine dernière.

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   > Pour en revenir à votre nouveau morceau, que vous sortez ce matin, celui-ci s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Comment l’avez-vous écrit ? Que souhaitiez-vous transmettre ? Ce titre ressemble à un cri de ralliement…

C’est vrai que je me sers un peu de l’actualité pour écrire, ça m’intéresse. En fait je sors quatre chansons, mais il y en a qu’une qui sort vendredi et trois autres au mois de janvier. J’aime bien les sentiments personnels mais j’aime aussi me servir de ce que j’observe. Je suis un jeune papa, j’ai un petit garçon de neuf ans et tout simplement, je l’avais une semaine chez moi et je me suis rendu compte du fait que la génération à suivre aller peut-être avoir un rôle prépondérant à jouer et que nous on essaye des choses mais que l’époque a l’air un peu figé sur un certain ordre établi, on est dans une période compliquée pour nous les trentenaires, quarantenaires, il se passe des choses un peu sombres et on essaye de s’adapter à tout ces changements, technologiques… à ces nouveaux enjeux. On n’est pas forcément très habiles toujours et pas toujours très écoutés non plus et je pense que mon devoir aujourd’hui, en tant que père, est d’accompagner mon fils et d’espérer qu’un changement puisse être possible. Cette chanson elle part de ça. Elle sonne comme un constat de l’époque, un peu noir et en même temps l’idée qu’avec un peu d’écoute, un peu d’égalité entre homme et femme, il y a quelque chose qui pourrait ressembler à de l’espoir, dans les années à venir, puisque ce sont des cycles forcément. Et j’ai confiance en la génération qui nous suit.

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   > Est-ce aussi un moyen de faire réagir un peu les gens autour ?

Non, je n’essaye pas de me dire « je vais réveiller les consciences », j’essaye d’écrire en essayant d’être juste. Le but c’est que ça émeuve. Mais je ne suis pas un secoueur de conscience, j’essaye d’écrire sur mon époque, d’être un témoin et un acteur. Parfois c’est sombre, et là je me suis surpris à espérer.

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   > Ce titre est à l’image de votre album Clôture sorti en janvier 2017. Vous avez des choses à dire et vous le dites. On y sent de la colère, mais ce n’est pas complètement négatif, l’album apparait aussi fraternel, tendre… Pouvez-vous nous raconter son processus de création ? Comment est-il né ?

Il y a eu quelques déclics, notamment le film de Stéphane Brizé, La loi du marché. Quand j’ai vu ce film je me suis dit que j’avais envie d’écrire sur le contexte actuel avec ses tragédies mais aussi sa solidarité. Il y a quelque chose de fraternel dans ce que j’écris, j’espère. J’essaye d’être fidèle à ce que je pense et d’avoir un regard un peu lucide sur les temps qui nous traversent. Et pour parler de musique, je compose mes chansons dans mon coin, puis je les fais écouter à deux/trois personnes de confiance, avec qui je travaille régulièrement depuis des années et puis ça prend forme comme ça, on en choisi dix/douze et d’un coup on a une espèce de petit film, une photo de l’année qui s’est passée. D’un point de vu personnel aussi, je raconte des choses qui me concernent

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   > Finalement, c’est un album 100% vécu : ce que vous vivez, ce que vous ressentez, ce que vous voyez…

Oui, je serai faux de dire que ce n’est pas vrai. J’écris sur du réel.

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   > Vous dévoilez en même temps une vidéo de l’enregistrement. Pourquoi choisir de montrer les coulisses de ce morceau ?

Là on est dans le plaisir. J’ai la chance de ré-enregistrer quatre nouveaux titres, je ne sais pas si on fera un clip sur cette chanson mais c’est toujours agréable d’avoir des souvenirs. Je pense que ça s’adresse surtout aux gens qui sont curieux d’en savoir un peu plus. Ce sont des images de studio. Pour moi ce sont de chouettes souvenirs. Ce sont des moments passés qui sont effectivement rares, les moments en studio sont rares et on les apprécie. On a envie de partager un peu. C’est une jeune fille de 20 ans qui a fait cette chouette vidéo et c’est histoire de mettre un peu de contenu aussi.

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   > Cette vidéo nous montre aussi la présence d’un orchestre. C’est un orchestre que vous avez choisi vous ? Comment s’est passé l’enregistrement ?

Oui ce sont des potes. On fait ça entre nous en fait. Que ce soit les musiciens, le groupe de base qui sont des amis de longues dates et puis les gens qui viennent poser un trait de violon, ce sont des gens qui sont autour de nous, des copains.

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   > Clôture va avoir un an… Vous pensez à un nouvel album ? Vous avez déjà des idées ?

Déjà on va sortir ce titre, puis une édition revisitée de Clôture en janvier, avec ces quatre nouveaux titres et oui cette tournée de premières parties avec Bernard Lavilliers va s’en doute m’inspirer des choses, j’espère. Je vais être sur la route, je vais accompagner quelqu’un qui m’inspire donc je pense qu’il en sortira quelque chose. Je ne sais pas encore.

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   > Dans cet album il y a plusieurs collaborations : Bernard Lavilliers, Elodie Frégé… D’autres envies pour le futur ?

Oui, ça viendra, mais là c’est trop tôt pour le dire. Je ne sais pas encore. Ça vient généralement avec une chanson, avec un esprit du moment, mais oui il y a plein de gens avec qui ce ne serait pas impossible de faire quelque chose mais là ce serait vous dire un peu dans le vide, je ne sais pas encore.

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   > Donc en janvier, une nouvelle édition de l’album Clôture, avec quatre nouveaux titres…

Exactement, on travaille dessus actuellement.

 

Merci à Cyril Mokaiesh pour cet échange. Ce dernier est à retrouver sur scène dès le 20 janvier 2018 à Liège et jusqu’en avril ! Toutes les dates sont sur son Facebook : www.facebook.com/CyrilMokaiesh

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Actuellement chargée de communication, je me passionne pour la musique, son histoire, son évolution. Je cours les concerts et je chine les vieux vinyles. Je passe des heures à découvrir de nouveaux sons.

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