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Lise Portelli se dévoile…

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A l’occasion de la sortie de La Nébuleuse, son nouvel album, nous avons eu la chance d’échanger avec Lisa Portelli. Une discussion assez brève, mais très intéressante.

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   > Vous avez un parcours atypique : plusieurs prix, un premier album, puis une pause. Que s’est-il passé ? Comment a-t-on l’idée de partir faire une retraite et comment on en revient ?

Ce n’est pas vraiment une pause, c’est la continuité d’un travail que je fais depuis longtemps. C’est à dire que je ne dissocie pas la musique de ma vie intérieure. Du coup j’avais besoin de prendre de la distance par rapport à ce métier, mais je continuais quand même à écrire et à composer. C’est impossible pour moi d’arrêter complètement la musique, ce ne serait pas intelligent, pas logique. Par contre, j’ai voulu mettre de la distance par rapport au milieu, parce que je ne me sentais pas à l’aise par rapport à plein de choses, la représentation etc. J’avais besoin d’aller plus en profondeur donc le monastère m’a permis de faire silence par rapport à pas mal de choses et à retrouver vraiment en profondeur qui j’étais moi, en dehors de la chanteuse, de l’envie d’être chanteuse… et après ça a été très compliqué parce-que je pensais que j’allais très vite revenir, refaire un album mais peu à peu toute mon équipe s’est désagrégée, je n’avais plus aucun partenaire, mais ça s’est fait sans que je le veuille, c’était par la force des choses. Mais je ne regrette pas du tout. Ça m’a permis de monter ma boite, de recréer une équipe et surtout de réaliser cet album, parce-que du coup j’ai tout fait. Ça m’a demandé d’être davantage autonome car avant je ne l’étais pas du tout, en terme artistique. Je faisais beaucoup de choses mais je ne pensais pas ces choses du début à la fin et donc toute cette période m’a permis de mûrir. Donc tout est dans la continuité.

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   > Et quand vous vous êtes rendue compte que vous étiez toute seule, cela ne vous a pas découragé ?

Ce métier là n’est fait que de découragement et de « montée », ce n’est que descente et montée, en permanence. Même ceux qui sont installés depuis longtemps, quand vous leur parlez, ils sont tous frustrés. C’est un métier de frustrations. Donc à un moment il faut se positionner par rapport à ça et c’est aussi pour ça que j’ai voulu partir. Je me suis dit « mais en fait, j’aurais beau tout avoir, ça se trouve je ne serai jamais heureuse dans ce que je fais », donc quel est l’enjeu au final ? Et même en dehors de la musique, la question se pose :  » c’est quoi l’enjeu de faire notre métier ? » Si on est tout le temps frustré, ce n’est pas le métier qu’il faut changer, c’est la façon dont on le vit.

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    > Il s’est passé six ans entre le premier album et ce second album…

J’ai tourné pendant trois ans avec celui qui est sorti en 2011. Donc en fait ça s’est arrêté qu’en 2013.

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   > Donc ça ne fait que trois ans finalement.

Oui, c’est vrai que finalement ça ne fait que trois ans. Mais trois ans c’est quand même long aussi. Ce n’est pas un métier linéaire, il n’est fait que de construction et de dé-construction.

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  > Mais quand on voit le résultat avec votre nouvel album La Nébuleuse qui est disponible depuis mi septembre, on se dit que tout ce qui s’est passé n’est pas une mauvaise chose, car c’est un album très réussi.

Merci. Je pense qu’en effet il faut qu’artistiquement on sente une évolution, en tout cas moi j’avais besoin de ça. Et là je pense que pour moi il y a une évolution, ça va plus loin artistiquement et il n’y a rien de pire que de décevoir les gens artistiquement. Et pour le coup, ce n’est pas le cas.

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   > Vous êtes satisfaite des retours que vous avez eu depuis la sortie ?

Complètement !

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   > Mi-rock, mi-chanson, cet album est un beau mélange de ces deux styles. Où avez-vous puisé votre inspiration ?

Dans plein d’événements de ma vie. Les textes de cet album sont vraiment liés à des choses que j’ai vécu et aussi à un combat que je vivais. Ça a vraiment été des années de combats et je ne parle pas seulement de combats pour refaire un album, c’était aussi intérieur. Le fait que je parte au monastère, c’est vraiment que j’étais en lutte par rapport à des choses, que j’avais besoin de trouver des solutions, des réponses. Et je pense que tout cela se sent dans l’album. Il y a quelque chose de combatif, mais qui n’est pas de l’ordre d’un combat extérieur, par rapport à la société, c’est plus de l’ordre d’un combat intérieur. Donc les sujets m’ont peut-être été inspirés par cela. Mais il y a aussi des sujets de femme. Il y a deux chansons qui parlent de relation longue avec quelqu’un, Longtemps et Je suis la terre, il y a une chanson qui parle d’un avortement, Tout Cela, une chanson qui parle de combat intérieur, Naviguer. Il y a aussi Obsession qui parle du métier.

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   > C’est donc un album libérateur en quelque sorte ? Un moyen de se libérer d’émotions un peu trop fortes, trop présentes ?

Oui, ce n’est pas faux. C’est exactement ça.

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   > Maintenant qu’il est sorti, pensez-vous au futur ? Qu’envisagez-vous ? Des clips ? Une idée concernant un autre album ?

Oui complètement. Je ne le dirai pas mais j’ai déjà une idée du titre du prochain album, que je vois beaucoup plus lumineux, plus ouvert. Mais oui j’ai des idées pour la suite et je commence déjà à composer. J’ai déjà la moitié du prochain album qui est composée.

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   > Et vous envisagez toujours de le travailler seule ?

Artistiquement oui. Après je ne suis pas toute seule pour le sortir, j’ai quand même des équipes.

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   > Et d’un point de vue artistique vous souhaiteriez collaborer avec d’autres artistes ?

Oui, mais plus dans la réalisation. Après en terme de chanteurs j’avoue que je n’y ai pas encore réfléchi mais c’est vrai que ça pourrait être pas mal.

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   > Vous avez une date le 23 Novembre, à la Maroquinerie, à Paris. D’autres dates sont à espérer ?

Oui, c’est en train de se mettre en place sur 2018, mais pour le moment je n’annonce que la Maroquinerie.

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   > Vous avez également prévu de sortir de nouveaux clips pour La Nébuleuse ?

Là il y a eu deux clips qui sont sortis récemment, qui sont Appartenir au large et Cherche la joie et là j’aimerais faire un clip pour En sueur, mais à partir du printemps ou début 2018.

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Merci à Lisa Portelli pour cette interview ! A noter qu’une vidéo live de son titre En sueur a récemment été mise en ligne.

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Actuellement chargée de communication, je me passionne pour la musique, son histoire, son évolution. Je cours les concerts et je chine les vieux vinyles. Je passe des heures à découvrir de nouveaux sons.

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