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Miami Memory : retour sur le dernier album d’Alex Cameron

alex cameron

Sorti le 18 juin 2019, Miami Memory est un album gracieux qui n’oublie pas d’avoir du caractère. Retour sur le dernier album d’Alex Cameron.

À première vue, on a affaire à des mélodies plaisantes, invitant à la détente. Mais en prêtant l’oreille, on se rend compte que cette atmosphère chaleureuse est enrichie d’une narration singulière. Alex Cameron est une sorte de Thomas O’Malley de la pop indépendante. Il porte une réflexion sur notre société tout en se balançant au rythme d’un désinvolte « c’est la vie ». Nous n’étendrons pas la comparaison en mentionnant son charisme félin.

alex cameron illu

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Il aime décrire des personnages atypiques et raconter leurs histoires dans chacune de ses chansons : travailleuses du sexe, beaux-parents, couples passionnés, relation toxiques, alcoolisme… C’est tout une faune qui prend vie à travers Miami Memory. Cet album met sur le devant de la scène des situations du quotidien, souvent oubliées des feux de la rampe. Alex Cameron écrit des paroles dansantes flirtant avec les tabous, non sans ironie, et dissèque avec talent les comportements humains. Cette analyse de la vie et de ses aléas est soutenue par un accompagnement musical frais et léger, qui dégage une aura proche des eighties. Cette vibe rétro contribue à mettre encore plus en avant le synthé que dans ses précédents albums Jumpin The Shark (2013) et Forced Witness (2017). L’usage du saxophone et autres sons cuivrés ne sont pas sans rappeler le Bruce Springsteen de Hungry Heart et Born to Run : l’ombre du Boss ne plane pas bien loin de Miami Memory.

Alex Cameron est également un grand amoureux et place l’amour au centre de sa création. Sa compagne, l’actrice Jemima Kirke a eu un rôle important lors de l’élaboration de cet album. Son avis ainsi que son approbation sur son travail ont été fondamentaux pour la création de Miami Memory. Il rend hommage à cette relation dans la chanson éponyme de l’album, qu’il ne manque pas de ponctuer de détails assez explicites, sans que cela ne paraisse sale ou vulgaire. C’est certainement là son grand talent : faire danser son public avec des vérités parfois crues, mais toujours avec amusement.

Irrévérencieux, Miami Memory propose une pop efficace et chaloupée, à l’image de son interprète au déhanché rituel. Ce fut un coup de cœur estival qui continue encore de nous éclairer vers les temps de fin d’année.

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