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Printemps de Bourges 2017 : A la découverte de Dan San…

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A l’occasion du Printemps de Bourges 2017, nous avons rencontré le groupe Belge Dan San. Nous avons parlé du passé du groupe et de leur pause, puis de leur retrouvaille et du futur…

 

   > Dan San, c’est d’abord un premier album, puis vous avez fait une longue pause avant le deuxième. Qu’est-ce qui finalement vous a donné envie de refaire un deuxième album ensemble ?

Domino est un album qu’on a défendu pendant deux ans, sur les routes un peu partout en Europe, un peu plus de 100 concerts… A la fin de la tournée, en fait, on ne pouvait plus se voir, parce qu’à force d’être enfermés dans un van, les uns sur les autres… On est super pote dans la vie, mais c’est là ce n’était plus possible, il fallait faire une pause. Et en fait cette pause n’a pas été très longue, ça a été trois mois de pause vraiment pour nous, avant de se retrouver et de recommencer à composer ensemble et ça nous a vraiment permis de retrouver le plaisir. On a continué à se voir, à faire des barbecues, à se voir entre potes et le fait de recommencer à travailler ensemble ça a vraiment re-souder très très fort les liens du projet et ça nous a amené à faire ce deuxième disque. Et on avait aussi envie de couper un peu dans le travail pour ne pas que le deuxième disque ressemble au premier. Et ça nous a vraiment permis de faire ça, on s’en est rendu compte un peu après. C’est en commençant à défendre ce nouveau disque Shelter ! qu’on s’est rendu compte que cette pause avait été très très bénéfique.

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   > Pour prendre un peu de recul…

Oui on a eu du recul, puis de l’air. On a pris de l’air musical, puis retrouver ses potes, pas ses collègues de van.

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   > Pendant cette pause, vous avez eu des projets séparés ?

Oui, on a tous eu des projets séparés et on continu d’en avoir. Ça nous permet de vivre de la musique, parce qu’il faut avoir plusieurs projets maintenant si on veut vivre de ça, ou être Lady Gaga, ce qui n’est pas notre cas. Ça nous permet de tester des choses qu’on ne pourrait pas tester dans Dan San. Je pense à Pale Grey qui s’apprête à sortir un disque, le groupe du bassiste. Ça reste dans la veine indé mais c’est quand même beaucoup plus électro, beaucoup plus hip-hop, des choses qu’on n’a pas pu aborder avec Dan San pour le moment. Ça nous permet vraiment d’aller chercher des influences un peu partout et de se laisser libre-court à nos envies, à notre imagination et puis de faire autre chose car il y a tellement de choses dans la musique qu’on ne sait pas aborder avec Dan San. Il y en a beaucoup qu’on aborde déjà et qui nous intéresse mais ça nous permet de voyager un peu musicalement. C’est très intéressant.

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   > Cela permet aussi d’enrichir la musique de Dan San…

Complètement. Je joue avec un mec en Belgique qui s’appelle Gaétan Streel, c’est de la musique en français, beaucoup plus festive et qu’on revient dans un disque comme ça, on a peut-être de nouvelles envies, de nouvelles connaissances musicales. Il y a des nouvelles choses qu’on a eu l’occasion de tester, d’écouter et puis qu’on a envie d’introduire… Je crois que c’est ce qui permet à notre musique d’avancer, sinon on serait en standby.

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   > Pour ce deuxième disque vous avez fait appel à un producteur ?

Oui. Yan Arnaud qui a produit des trucs super cool en France, dont Syd Matters qui est une grosse influence pour nous. C’était d’ailleurs un rêve de le rencontrer. Je ne sais pas combien de fois j’ai écouté le dernier disque de Syd Matters, à mon avis c’est 100 fois au moins. Je connais chaque mesure de chaque instrument. Je connais tout du dernier disque. En fait, tout ce qu’on avait fait avant musicalement on l’avait fait nous même et on s’est rendu compte en commençant ce nouvel album qu’à force de faire beaucoup de projets les uns et les autres, nos envies évoluent, elles grandissent et on se retrouve à être très exigeant avec nous-mêmes mais aussi avec les autres, ce qui fait que parfois on a des idées très claires de ce qu’on a envie, mais l’autre aussi on a une idée très claire. Ce qui fait que parfois c’est très compliqué parce qu’on s’affronte un peu et on avait vraiment besoin de quelqu’un pour tenir la barre de cet album-ci, une sorte de capitaine, un mec à qui on pourrait donner les clés en lui disant « maintenant c’est toi qui prend la décision, parce qu’on a confiance en toi » et on a contacté Yann un peu par hasard en pensant qu’il nous voudrait jamais bosser avec nous et en fait si. Notre rencontre a été vraiment super. Humainement on s’est super bien entendu et musicalement aussi. C’était un peu évident qu’on s’entende bien musicalement parce-que tout ce qu’il a déjà fait, qui nous a déjà tant influencé et la musique qu’on propose nous il y avait un vrai lien. Et lui a su amener cette cohésion dans le groupe et dans la musique. On est hyper content d’avoir bossé avec lui et il y a de très fortes chances pour qu’on continue de bosser avec lui sur des prochains projets.

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   > Avec quelles autres personnalités souhaiteriez-vous collaborer ?

Plein. Dans le groupe on est six personnalités avec beaucoup d’influences différentes. Il existe donc beaucoup de personnes avec qui nous aimerions collaborer. Je pense à Patrick Watson par exemple, un musicien canadien dont j’admire les disques. J’adorerais bosser avec lui. On a eu l’occasion de parler avec le batteur de ce projet-là et il a été question à un moment de peut-être travailler avec lui, mais finalement cela a été compliqué de travailler transatlantique. Donc on est resté pas trop loin de chez nous. Pouvoir passer du temps avec le producteur c’était aussi un vrai luxe. Ce n’est pas toujours le cas quand on travaille avec quelqu’un aux États-Unis ou ailleurs. Là on a vraiment passé des mois avec Yann. On est même devenu pote et il vient à la maison quand il passe à Liège. On essaye de l’influencer pour qu’il achète un château à Liège (rire) et qu’il revende son appartement minuscule à Paris et qu’il s’achète un château chez nous, mais il ne veut pas.

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   > Ce n’est pas stressant de faire appel à un producteur ? Il faut lui faire confiance…

Oui, il faut lui faire confiance. En fait au début, on l’a skypé deux, trois fois et à chaque fois qu’on raccrochait on se regardait et on se disait « mais on ne peut pas lui donner toutes nos économies pour faire un disque ». Il nous disait « oui moi je vais mettre des micros devant vos instruments et puis… c’est vos chansons les gars ». Il y avait vraiment un gros questionnement et on s’est vite rendu compte que c’est juste une personne qui ne sait pas se vendre parce qu’il est hyper entier et très humble. En fait c’est une bête de studio, c’est un monstre. Il édite des chansons pendant des heures, jusqu’à quatre heures du matin il édite tout seul devant son ordinateur. C’est vraiment un monstre de travail et ça il ne le dit pas. Alors c’est sur que quand on s’apprête à confier des années de travail et ces propres chansons à quelqu’un, c’est hyper stressant. Mais il a été hyper rassurant. Au bout de deux jours de travail on savait ce qu’on faisait, on avait confiance.

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   > Vous êtes toujours d’accord tous les six ?

Non (rire). C’est pour ça qu’on avait besoin d’un producteur. On est de moins en moins d’accord les uns avec les autres et c’est tant mieux parce que si on était tout le temps d’accord on ferait une musique beaucoup plus lisse, beaucoup moins complexe, moins recherchée. Mais ce sont des conflits sains. Ça arrive parfois de crier mais c’est un peu comme une famille, en pire (rire)… C’est comme si tu rassemblais tes collègues de travail, tes potes, ta famille et que tu passes 100% de temps avec ces trois catégories rassemblaient en une seule. C’est compliqué.

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   > Après le Printemps de Bourges, vous repartais en Belgique, vous n’avez pas d’autres dates en France ?

Pas pour le moment, du moins pas cette semaine-ci. Je suis hyper nul en date.

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   > Pas de projets de festival, comme ça va être la période ?

Non, je ne pense pas en France. Je ne sais plus. Je vois semaine par semaine et là l’été c’est loin. Je ne sais pas où ça en est, je sais que là on est en train de défendre le disque en France mais on vient pour une ou deux dates par-là, une ou deux autres dates par-ci. Le fait que la France ne soit pas très loin de chez nous nous permet de faire ça. Ce qui n’est pas le cas avec le Canada par exemple, ou l’Autriche, ou d’autres pays… Actuellement on a fait plein de dates déjà, un peu partout et ça se passe à chaque fois très bien. Mais je ne sais pas ce qui arrive pour cet été, j’imagine que ça doit être noté quelque-part (rire).

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   > Et au niveau de l’exploitation de l’album en France, que prévoyez-vous pour la suite ? Des clips ?

Oui, on a des clips qui sont prêts à sortir. On a plein de choses… On se réjouit  encore de défendre notre spectacle devant plus de monde.  Je me réjouis de jouer à Bourges et on verra ce que nous réserve l’avenir… Un jour à la fois.

Merci Dan San !

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Actuellement chargée de communication, je me passionne pour la musique, son histoire, son évolution. Je cours les concerts et je chine les vieux vinyles. Je passe des heures à découvrir de nouveaux sons.

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