HomeInterviewsRencontre avec Talisco à l’occasion de la sortie de son album « Le concert symphonique »

Rencontre avec Talisco à l’occasion de la sortie de son album « Le concert symphonique »

talisco concert symphonique

En 2020, nous avons eu la chance d’interviewer Talisco à deux reprises, la première pendant le premier confinement, la seconde pendant le second confinement. Et à chacune de ces deux occasions, le plaisir fut identique. À l’occasion de notre seconde discussion, nous avons parlé de la sortie de son album Le concert symphonique, une sublime ré-orchestration de plusieurs des titres phares de l’artiste, enregistrée en 2019 lors d’un concert à Montpellier, en présence de l‘Orchestre National Montpellier-Occitanie et du Chœur Opéra Junior.

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   > C’est la deuxième fois que nous échangeons cette année, la première dans le cadre de la sortie d’Inner Songs et cette fois-ci pour la sortie de votre concert symphonique. Comment allez-vous ? Et comment s’est passée la sortie de ce nouvel album ?

Cet album existait déjà puisque le concert a eu lieu il y a un peu plus d’un an. L’enregistrement avait déjà été fait mais nous ne savions pas si nous allions le sortir. C’était quelque chose de très exclusif. Nous n’avions pas l’intention de sortir un album ni même une vidéo. Nous l’avions fait au cas où. Du coup cela a été une surprise. Nous nous sommes dits « allez, si on le sortait » parce que c’est beau. Il s’est passé des choses extraordinaires et c’est un souvenir qu’il faut « graver ».

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   > Y-a-t-il eu un élément déclencheur ? Un élément qui a décidé cette sortie ?

C’est le fait que nous soyons revenus dessus. Nous n’avions pas l’intention de le sortir, cela faisait partie des peut-être, des projets, mais ce n’était pas un objectif. Et le déclencheur est lié au fait que nous nous retrouvons dans une année particulière, où parfois nous revenons sur certaines choses. C’est presque de la nostalgie. Nous nous sommes dits que nous avions quand même fait un concert symphonique, c’est à dire quelque chose d’incroyable, et que ce serait dommage de ne pas le partager avec la communauté.

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  > Est-ce que vous vous êtes également dit que ce concert symphonique pourrait aussi permettre au public de profiter d’un moment de musique live, alors qu’il est aujourd’hui privé de concerts ?

Oui, cela fait partie des motivations. Le fait de sortir un live faisait partie du plus. C’est de la musique vivante, pas uniquement enregistrée dans un studio, bien que cela reste vivant. Mais dans le live, il y a un véritable échange avec le public. D’ailleurs, j’ai reçu des messages, notamment de personnes qui me suivent et qui me disaient que cela leur faisait plaisir de sentir cet événement live.

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   > Ce live est d’autant plus vivant qu’en présence de l’Orchestre National Montpellier-Occitanie et du Chœur Opéra Junior vous étiez nombreux sur scène. D’où est venue cette idée de s’entourer d’un orchestre symphonique pour un concert ?

C’est un fantasme. L’image a toujours inspiré la musique que je créé. Il y a beaucoup de personnes qui m’ont dit que ma musique était très cinématographique. Quand on enlève le chant, nous avons une musique qui est clairement dans l’évasion. Cette idée qu’un jour ma musique soit mise en orchestration est née il y a plusieurs années. C’était vraiment un fantasme.

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   > Pourquoi avoir choisi cet orchestre précis et comment s’est passée la rencontre ?

Le choix s’est fait par le biais de contact. Je n’ai pas choisi cet orchestre parce que je savais qu’il sonnait de telle ou telle façon. Puis le choix s’est arrêté sur Montpellier parce que derrière il y avait France 2, la série Un si grand soleil… Les contacts viennent de là. Je connais l’équipe. On s’est dit que ce serait cool de le faire à Montpellier parce qu’il y a un tournage autour d’une série.

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   > Si la situation sanitaire n’avait pas était celle que nous connaissons aujourd’hui, auriez-vous pu imaginer tourner avec un orchestre symphonique, sur plus de dates ? 

Oui, la question de faire une tournée avec un orchestre symphonique s’est posée juste après. C’est une question que nous nous posons encore parfois parce que ce sera d’actualité, normalement (rires). À un moment donné nous serons déconfinés et nous pourrons vivre normalement. Donc il y aura des concerts et il y a aura ce genre de questions. Mais de suite après le concert symphonique nous avons trouvé que l’expérience était vraiment cool et le public a adoré. Cela nous a motivé et nous en avons parlé. S’il n’y avait pas eu le confinement, probablement que nous l’aurions fait.

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   > Comment s’est déroulé le travail de ré-orchestration de ces titres ? Et qu’est-ce qui a motivé le choix des morceaux sélectionnés ? 

Je ne suis pas musicien au point d’écrire pour un orchestre donc j’ai été obligé de m’entourer d’une personne qui soit capable de mettre par écrit mes fantasmes mélodiques. Je me suis entouré de Didier Benetti et nous avons passé beaucoup d’heures ensemble, pendant lesquelles je lui traduisais mes idées, mes fantasmes, là où je voulais aller. Et il était clairement obligatoire de re-visiter les morceaux. Sur la majeure partie des titres, 80% des batteries sont enlevées donc il y a quelque chose de beaucoup plus aérien. L’idée était de ré-écrire, de refaire des arrangements donc j’ai travaillé avec Didier Benetti. Nous avons revisité pas loin de 13 ou 14 morceaux, sur scène. Nous en avons ensuite sélectionnés six parce que sur disque, un concert symphonique peut être long, ennuyant. C’était ma crainte. Et j’ai tout simplement choisi les morceaux qui me parlaient le plus.

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   > Envisagez-vous une sortie physique du Concert Symphonique et dans sa version live intégrale ?

Peut-être. Cela dépend vraiment de ce qui se passe et va se passer. Aujourd’hui je ne me mouille pas. Je n’ai pas forcément les moyens. Si nous étions obligés de sortir un disque, un vinyle, à chaque audio, nous le ferions pas systématiquement, parce que ça coûte très cher. Puis, moi le premier, et mon entourage, nous streamons. Je n’ai pas de lecteur CD chez moi, j’ai une platine. Je passe mon temps à streamer. Donc ça ne me choque pas qu’il n’y ait pas de disque physique. Puis la sortie d’un disque demande beaucoup de moyens et des mises en place énormes. Au final, tu sors l’album plusieurs mois après. Là tu fais de la musique, tu la balances sur toutes les plateformes en ligne et ça n’empêche pas les gens d’écouter. S’il y a une demande différente, tu vois ensuite pour sortir un disque, un vinyle…

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   > Surtout quand on sait que c’est le live qui rapporte le plus d’argent à l’artiste et qu’actuellement le live est quasi inexistant. Cela ne doit pas aider à se projeter sur une sortie physique d’album.

Par chance je fais beaucoup de musique et je vis de la musique. Je sors de nombreux morceaux et j’ai des projets parallèles. Mais il serait compliqué de gérer des sorties physiques à chaque fois que je sors un album, alors que la plupart de mes auditeurs pratiquent le streaming. Nous sélectionnons donc ce que nous voulons sortir en vinyle ou en CD et c’est souvent pour des albums. Dès que nous sortons un album, nous sortons du physique. Mais nous faisons un tri pour ne pas se noyer.

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   > Inner Songs, sorti plus tôt dans l’année, est également un album de « revisite ». Nous pourrions presque dire que 2020 était l’année de la revisite. Pour autant, les deux albums sont très différents. Avez-vous travaillé en même temps sur ces deux projets ?

Non, pas du tout. J’ai travaillé sur le concert symphonique pendant l’été 2019 et je l’ai joué en fin d’année 2019. Inner Songs correspond à autre chose. C’est du jeu, un défi personnel. J’avais envie de revisiter mes morceaux et le label n’était pas au courant. C’était une autre démarche.

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   > Finalement, vous avez sorti vos deux albums pendant deux périodes de confinement distinctes. Comment avez-vécu ces situations ? Cela vous a-t-il gêné ? L’auriez-vous fait si nous n’avions pas été confinés ?

Oui, il me semble que je l’aurais fait pareil. J’ai fait Inner Songs pendant le confinement parce que je n’avais rien d’autre à faire. Créer est la seule chose que je sais faire, la chose que je fais au quotidien. Le premier confinement a duré longtemps et je me suis plongé dans la musique directement. Alors est-ce que je l’aurais fait si nous n’avions pas été confiné… Je ne sais pas. Peut-être que nous aurions fait des concerts et je n’aurais pas eu le temps de faire autre chose… Je pense que c’est l’occasion qui a fait que…

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   > Est-ce que vous avez également pu travailler sur des choses complètement nouvelles ? De nouveaux titres, nouveaux projets ?

Oui. J’adore explorer à droite et à gauche. J’ai travaillé pour d’autres artistes et j’ai également travaillé sur Old Caltone, un projet parallèle que j’aime beaucoup, qui m’éclate. J’avais déjà sorti un premier album et j’ai travaillé sur un second album, plutôt fat, avec Sébastien Thebault. Nous allons certainement le sortir en février ou en mars. Du coup j’ai beaucoup travaillé sur d’autres choses. Maintenant, je respire un peu pour les fêtes et à partir de janvier, je me mets à travailler sur un autre album de Talisco. Et je suis bien chaud (rires). Je suis content. J’ai hâte.

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Un grand merci à Talisco pour cette seconde interview consacrée à ce sublime album live symphonique.

www.facebook.com/taliscomusic

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Actuellement chargée de communication, je suis passionnée par les musiques actuelles. J'observe, j'écoute, j'interroge et j'écris.

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