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Rock en Seine : Rencontre avec Royaume

royaume

A l’occasion du festival Rock en Seine, nous avons eu la chance de discuter avec le duo Royaume : celui-ci nous parle de ses débuts, ses envies, ses inspirations…

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   > Vous avez sorti votre premier EP en juin 2018, comment cela s’est passé depuis ? Êtes vous contents des retours que vous avez eu ?

Yumi : Très contents.

Moon Boy : Quand tu sors un EP, en comparaison de quand tu sors un single, ça t’ouvre beaucoup plus de portes, tu peux avoir un peu de presse papier, c’est plus facile aussi pour être programmé sur des festivals. Sauf si tu es Angèle et que tu fais 7 milliards de vues (rires), la plupart du temps tu as besoin d’un EP pour tout ça. En tout cas l’accueil a été cool, on est contents.

royaume moon boy

   > On a parlé de vous assez rapidement, ça fait longtemps que vous travaillez ensembles ?

Yumi : On s’est rencontrés il y a 3 ans et on a commencé à travailler ensemble il y a environ 2 ans et demi.

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   > Donc c’est assez rapide cette reconnaissance !

Moon Boy : Au niveau de notre histoire oui c’est super rapide ! Yumi se rend peut être moins compte car c’est son premier projet professionnel, moi j’avais d’autres groupes avant du coup je me rend compte du truc, c’est l’autoroute ! On parle souvent de ce qui s’est passé sur Blue Asphalt le premier morceau qu’on a mis sur le net, on a eu un énorme coup de chance. Typiquement ce qui s’est passé pour nous ça arrive seulement à un groupe par an par pays, avec en plus, ensuite, le métier qui s’intéresse au groupe et veut le signer. Le rapport de force s’inverse complètement, ce n’est plus à toi d’aller chercher les gens c’est eux qui viennent te chercher. C’était assez surréaliste et effectivement super rapide.

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   > Maintenant quelle est la suite pour vous ? Un album ?

Yumi : Oui on est en train d’y travailler, on commence à avoir pas mal de chansons, on va continuer à écrire jusqu’en octobre et l’album sortira début 2019 normalement.

Moon Boy : On écrit tant qu’on en a envie et puis peut être que certains morceaux seront pour le disque suivant car à un moment donné la maison de disque va nous dire « il faut sortir le disque », donc il faudra savoir s’arrêter et choisir les morceaux. Peut être qu’on ressortira un EP ou un single avant on ne sait pas encore exactement, tout ça ce sont des trucs de maisons de disques.

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   > Comment fonctionnez vous tous les deux pour composer ?

Yumi : Il n’y a pas vraiment de règles, parfois il (ndlr :Moon Boy) va apporter une instru, parfois j’apporte une mélodie a cappella, parfois on a un texte à la base… pas de règles et c’est bien comme ça, si ça nous parle on le fait !

Moon Boy : Complètement, le processus créatif est hyper ouvert et on fait beaucoup de ping pong tous les deux. Si j’arrive avec une instru, Yumi va me dire j’aimerais changer ça ou ça et moi pareil sur ses textes et on ne s’engueule pas, on s’engueule sur d’autres trucs mais pas sur ça (rires).

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   > Avez-vous fait beaucoup de festivals cet été ? Cette ambiance vous plait-elle ?

Yumi : On a fait un festival en Belgique et on va jouer à Hambourg bientôt. Si tu es déjà allée dans des festivals en fait l’ambiance ne change pas, tu es juste de l’autre côté de la scène.

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   > Ce n’est pas trop dur de capter un public de festivaliers si hétéroclite ?

Yumi : Non justement c’est un challenge car forcément les gens ne connaissent pas tes chansons, mais je préfère ça plutôt que de jouer devant 20 personnes. Je préfère 500 personnes qui ne connaissent pas les chansons, tu peux aller les chercher, c’est plus sympa.

Moon Boy : En même temps nous on a l’habitude de ça, la plupart de nos concerts étaient des premières parties donc on a vraiment l’habitude de jouer devant des gens qui ne nous connaissent pas. Notre premier concert solo c’était cet été, en juin à Paris dans une petite salle. En festival ce qu’il y a de plus déstabilisant c’est d’être dans un endroit immense et de voir tout ce qui se passe autour. De la scène tu vois ton public devant mais tu vois aussi tout ce qui ce passe derrière : les stands, les gens qui se baladent, les autres scènes … c’est ça le plus déstabilisant. Après l’ambiance est complètement géniale, des dizaines de milliers de personnes toutes réunies par la musique c’est fantastique.

royaume yumi

   > Vous développez une esthétique très travaillée et notamment dans vos clips, c’est important pour vous de lier votre musique à une esthétique picturale ?

Yumi : Oui c’est hyper important, dès qu’on créé une chanson, il y a forcément une imagerie qui est en place, des sensations etc.. et grâce au clip on peut traduire tout ça en images et ça donne une autre ampleur au morceau, donc forcément il faut que ce soit lié, même au sens du texte.

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   > Vous pensez vos clips en amont du morceau parfois ?

Yumi : Non mais toutes les sensations sont là déjà donc il n’y a plus qu’à les exploiter.

Moon Boy : Des fois on a aussi des idées de clips mais qui ne sont en amont d’aucune chanson, on ne sait pas à quel morceau ça conviendra, peut être à aucun. Ce n’est pas juste le fait de mettre de l’image sur de la musique, aujourd’hui l’image est hyper importante et on essaye de lui donner du sens. Notre culture musicale et assez portée là-dessus aussi, beaucoup d’artistes qu’on aime font des trucs assez arty. Dans leurs clips ce n’est pas juste des gens en train de chanter, du coup c’est plus notre truc de faire des clips qui sont, je l’espère, visuellement forts, c’est ce qu’on essaye de faire en tout cas.

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   > On a beaucoup entendu parler du titre If We et de sa portée féministe ? Comment est né ce titre ? De l’actualité ?

Yumi : C’est une chanson qui est à double sens, avec une mélodie pop/sucrée et un texte plutôt cavalier, elle montre quelque chose de très fragile et en même temps de très fort.

Moon Boy : Cette chanson est venue naturellement, j’avais fait la mélodie et Yumi a posé ses mots naturellement sur la musique. (se tournant vers Yumi) Est ce qu’il y a quelque chose qui t’as inspiré ce texte particulièrement ?

Yumi : C’était une période où je commençais un peu à devenir femme, et je voulais écrire à ce sujet, c’est parfois difficile de se relire et d’analyser précisément d’où est venue l’inspiration mais c’était surtout ça je pense.

Moon Boy : Il y a un moment pour chaque cause à défendre et en ce moment c’est le féminisme et tant mieux, après ce sera une autre mais il y a du travail, des causes à défendre il y en a tant, on ne vit pas dans un monde merveilleux…

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   > Allez-vous continuer d’exploiter ce premier EP ? D’autres clips à venir peut être ? D’autres passage en télévision ?

Moon Boy : On ne sait pas encore c’est la maison de disques qui gère tout ça, mais on espère. Je pense qu’on va continuer à faire de la promo et suivant ce qui se passe on verra ce qu’on sort et quand. Par contre il n’y a pas d’autre single de prévu pour cet EP, si on sort un nouveau single ce sera un nouveau morceau par rapport à l’album.

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   > Pour conclure cet interview, qu’est ce que vous écoutez en ce moment ?

Yumi : Un mec qui passe demain à Rock en Seine sur la même scène que nous, c’est Johan Papaconstantino, c’est trop bien ! C’est un mélange entre musiques grecques, rap, un peu raï, c’est hyper stylé.

Moon Boy : J’écoute la même chose que depuis quelques mois ou années , il n’y a rien qui m’a rendu fou dernièrement. Il ya Rüfüs Du Sol que j’écoute beaucoup, c’est électro pop et je trouve leurs chansons terribles. Je continue d’écouter notre plus grande influence qui est Ben Khan et puis tous ceux que j’écoute depuis super longtemps, Prince par exemple il n’y a pas deux jours sans que je l’écoute.

Un grand merci à Royaume pour cet échange !

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Actuellement chargée de communication, je me passionne pour la musique, son histoire, son évolution. Je cours les concerts et je chine les vieux vinyles. Je passe des heures à découvrir de nouveaux sons.

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