HomeInterviewsRockomotives 2020 : rencontre avec Paradoxant

Rockomotives 2020 : rencontre avec Paradoxant

IMG_20201024_195206_891

À l’occasion des Rockomotives, le dernier festival de l’année qui s’est déroulé à Vendôme il y a un peu plus de quinze jours, nous avons échangé avec Paradoxant, side-project d’Antoine Meersseman (BRNS), créé fin 2019. Rejoint par Romain (Ropoporose) et Antoine (Monolithe Noir), le projet prend son envol.

.

   > Ce concert aux Rockomotives a été votre tout premier en tant que Paradoxant. Comment l’avez-vous vécu ?

Antoine Meersseman: Nous étions très heureux de jouer. Cela devenait un peu le running gag avec toutes les annulations, les reports et cela faisait bizarre parce que nous avions beaucoup travaillé depuis janvier, puis plein de choses se sont passées… Je n’avais pas joué depuis un an.

Romain : Nous avons été chanceux de pouvoir jouer et chanceux que les Rockomotives aient été maintenues. Nous ne le dirons jamais assez, mais ce fut une lueur. C’est chouette que tout le monde ait pu en profiter et s’en nourrir.

.

   > Nous nous étions déjà rencontrés l’an dernier à l’occasion du festival Hop Pop Hop, où Antoine Meersseman et Romain étaient programmés avec leur projet Namdose. Aujourd’hui nous nous retrouvons avec cet autre projet. Pouvez-vous nous expliquer comment est né Paradoxant ?

Antoine Meersseman : Pendant l’année Namdose, les autres membres de BRNS étaient occupés sur d’autres choses et nous avions déjà préparé un disque qui n’est pas encore sorti. J’ai également beaucoup composé à cette période. Avec Romain, nous nous sommes vraiment rencontrés via Namdose. Avant cela, Ropoporose et BRNS se connaissaient rapidement mais ce n’était pas aussi intime. En ce qui concerne Antoine (Monolithe Noir), nous nous sommes justement rencontrés aux Rockomotives en 2012.

Antoine (Monolithe Noir) : Et c’est la première fois que nous faisons de la musique ensemble.

Antoine Meersseman : Je suis passé en décembre prendre un café chez toi et…

Antoine (Monolithe Noir) : Les maquettes étaient déjà bien posées.

Antoine Meersseman : Nous avons travaillé assez rapidement. En janvier Romain nous a rejoints dans le bateau. Nous avons enregistré fin janvier. BRNS existe depuis dix ans, donc il est normal que des choses se fassent à côté.

Antoine (Monolithe Noir) : Dans la musique indé dans laquelle nous évoluons, nous pouvons rarement nous permettre de n’avoir qu’un seul projet.

.

   > Vous avez tous les trois des projets annexes. Comment faites-vous pour tout mener de front ? Vous mettez vos autres projets en pause ?

Romain : Il n’y a pas vraiment de notion de « projets annexes », ce sont plutôt des grandes perpendiculaires.  C’est juste une nouvelle musique parce que nous sommes tous les trois ensemble. Il n’y a pas de hiérarchie. Et il est également sympa de se concentrer sur la nouveauté. Je suis ravi de faire le ciné-concert avec Ropoporose mais Paradoxant possède ce côté neuf agréable.

Antoine (Monolithe Noir) : Nous avions envie d’avoir encore plus peur de monter sur scène.

.

   > À la base, vous avez trois univers assez différents. Comment travaillez-vous ensemble ?

Antoine Meersseman : Assez simplement puisque j’avais les squelettes des morceaux. Antoine et moi avons ensuite travaillé tous les deux sur l’arrangement, le son, quelques structures… Puis Romain est venu jouer des parties de batterie existantes ou pas encore.

Romain : Sur ces morceaux, je suis davantage interprète.

Antoine Meersseman : Nous avons ensuite répété tous les trois pour faire en sorte qu’il y ait un liant. Celui-ci n’a pas été évident au départ parce que beaucoup de questions se posaient. Faire cohabiter des boîtes à rythme avec de la batterie acoustique, beaucoup de synthés… Puis finalement nous avons tout simplifié, parce qu’il y avait beaucoup trop d’éléments et d’arrangements.

Romain : La question des arrangements se pose aussi quand nous sommes trois. On pense qu’il faut remplir l’espace alors que nous trois, nous l’occupons assez bien, c’est relativement puissant.

.

   > Le premier album de Paradoxant était prévu pour le 13 novembre. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette première production ?

Antoine Meersseman : La date risque de changer. À cause du Covid, il y a du retard sur le pressage des vinyles donc nous allons devoir décaler. Puis sortir son disque un vendredi 13, le jour du pic Covid dans tous les pays et faire un concert le jour même… c’est du suicide commercial (rires).

Romain : Mais l’album est prêt à sortir. Il faudra juste attendre un peu.

.

   > Est-ce que vous prévoyez quand même de sortir quelques morceaux, en attendant ?

Antoine Meersseman : Nous sommes astreints à attendre un peu mais pas trop parce qu’après il va y avoir une avalanche de sorties mainstreams qui va phagocyter le reste de l’espace médiatique hors Covid, qui est assez maigre. Nous allons continuer à sortir du contenu, mais il est assez impossible de bien faire. Et tant que nous n’avons pas de date, que le projet est nouveau, il est difficile d’amener des gens vers un truc, surtout sans qu’il y ait des concerts. Il s’agira de dévoiler et de voir ce qu’il se passe mais sans trop avoir d’attente.

.

   > Justement, n’est-ce pas trop compliqué de débuter un nouveau projet actuellement ? Cette incertitude concernant la date de sortie, les concerts… n’est-elle pas difficile à gérer ?

Romain : C’est frustrant, mais cela apprend la patience.

Antoine Meersseman : La situation est compliquée pour tout.

Romain : Oui, tout est contraint. Il ne faut pas être fataliste.

Antoine (Monolithe Noir) : Même dans les faits, hors Covid, il est difficile d’avoir une timeline respectée parfaitement, de remplir toutes les cases. L’avantage c’est que cela nous importe peut être moins, nous pouvons prendre plus de liberté.

Antoine Meersseman : Le projet est nouveau, donc c’est peut-être moins embêtant. Par exemple avec BRNS, cela fait deux ans que nous avons enregistré le disque et nous n’avons pas encore sorti de single, alors un confinement généralisé deux semaines avant la sortie serait plus problématique. Le disque rentrerait dans une temporalité qui deviendrait presque morbide. Pour Paradoxant il n’y a pas de pression. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise stratégie pour un nouveau projet. Nous n’orchestrons pas les choses de la même manière, il y a plus de liberté donc c’est moins frustrant. À la base, Paradoxant était également un projet presque récréatif, en comparaison avec BRNS qui est une machine là depuis longtemps et où nous n’avons plus le même rapport à la musique, aux concerts… Être totalement à compte d’auteur pour Paradoxant, en ayant investi plein d’argent dans ce disque, c’est grisant, nous faisons comme nous le sentons. C’est une seconde jeunesse (rires).

.

   > L’an dernier lors du festival Hop Pop Hop, vous nous aviez dit que Namdose n’avait pas pour vocation de durer dans le temps. Est-ce également le cas pour Paradoxant ? Où souhaitez-vous emmener le groupe ?

Antoine (Monolithe Noir) : Jusqu’aux étoiles (rires).

Romain : L’histoire le dira (rires). Namdose était une bulle temporelle, une récréation entre nos actualités avec Ropoporose et BRNS. C’était chouette car cela rendait la chose excitante, nous avions d’autant plus envie d’en profiter.

Antoine (Monolithe Noir) : Pour Paradoxant nous nous impliquons fortement tous les trois et c’est tout ce qu’il faut retenir. Nous ne sommes pas là en mercenaire pour jouer avec Antoine.

Richard Gauvin (programmateur du festival, qui a rejoint l’interview entre temps) : Il y a une différence entre Namdose et Paradoxant. Namdose était également une proposition qui venait de l’extérieur alors que Paradoxant est le projet d’Antoine (Meersseman ndlr) qui s’est entouré de Romain et d’Antoine (Monolithe Noir).

Antoine Meersseman : En effet, l’idée du projet Paradoxant s’ancre davantage dans la durée. Namdose était un projet éclair, plus éphémère. Paradoxant est un nouveau groupe qui commence, une nouvelle aventure, c’est différent.

.
>
> Le projet Namdose était une commande du Botanique et des Rockomotives. Votre premier concert avec Paradoxant se déroule aux Rockomotives… Il y a comme une histoire d’amour avec les Rockomotives non ?

Romain : J’en ai bien peur (rires).

Richard Gauvin : Nous ne sommes pas le Pitchfork ou un autre festival du même type, nous avons la chance de ne pas être dans une contrée urbaine ou dans une grande métropole et de ne pas être identifié. Quand je programme, je me moque de la temporalité des projets, de savoir si la programmation vient au bon moment ou s’il faut attendre le jour où le clip sort… Nous ne respectons pas cela. Évidemment, dans cette situation particulière, nous comptons sur notre environnement, notre cercle premier artistique. Par exemple, Antoine (Monolithe Noir), est venu avec tous ses projets ici… Mais le fait de ne pas suivre de temporalité permet d’être en décalage avec d’autres festivals, qui suivent l’actualité des groupes, ont une programmation différente. Puis nous sommes à Vendôme, nous avons une programmation régionale et nous avons la chance d’être dans une région actuellement incroyable artistiquement, notamment avec Tours et des structures comme le label Un Je Ne Sais Quoi, le Capsul Collectif… Puis il y a quelques ajouts avec des projets venus de Bruxelles, d’ailleurs, à l’image des One Sentence. Supervisor, qui viennent aux Rockomotives à chaque disque. Nous avons envie de créer de l’humain.

.

Merci au groupe Paradoxant et à Richard Gauvin pour ce bon moment passé à découvrir ce nouveau projet prometteur !

.

Written by

Actuellement chargée de communication, je suis passionnée par les musiques actuelles. J'observe, j'écoute, j'interroge et j'écris.

No comments

leave a comment