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Terres du son 2019 : Rencontre avec KO KO MO

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Lors du festival Terres du son, nous avons également eu la chance de rencontrer Warren et K20, les deux Nantais qui se cachent derrière le nom KO KO MO. Une plongée au sein de leur univers indépendant…

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> Bonjour KO KO MO ! Comment allez-vous ?
KO KO MO : Ça va, merci !
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> Prêts pour le concert de tout à l’heure ?
Warren : On vient tout juste d’arriver. Et puis, on était en Lituanie il y a deux jours, c’était cool, donc on est dedans.
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> Comment est le public en Lituanie ? Il est réceptif ?
K20 : C’était un festival métal, plus que rock…réceptif je ne sais pas, mais alcoolique, c’est sûr ! (rires) Mais le festival était cool.
Warren : C’était comme un mini Hellfest, donc les gens étaient un peu avertis. Mais sinon, je pense qu’ils ne sont pas super foufous dans leur culture ; il n’y a pas trop de mecs aux cheveux longs apparemment  ! (rires)
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> Cela doit être sympa pour vous d’être programmés sur des scènes aussi différentes, cela doit créer des ambiances très distinctes ?
K20 : Oui, déjà parfois on « ouvre le bal », comme on dit. On se retrouve dans des festivals éclectiques ; par exemple ça fait 3-4 festivals qu’on est avec Clara Luciani. On a fait des festivals de reggae aussi, des concerts de rock, et ça nous plaît ça. On aime bien la diversité du truc. Même si on se sent plus à l’aise dans un festival éclectique que dans un festival vraiment métalleux !
Warren : Pour le moment le public qui nous convient le mieux, c’est le public familial car il réunit plusieurs générations ; les très vieux, car ça leur rappelle les trucs qu’ils écoutaient, et les plus jeunes. Ça fait plaisir quand des petits gamins voient K20 jouer de la batterie, et qu’ils viennent nous dire au merch’ que c’est cool, qu’ils veulent en jouer aussi. Alors que les festivals de métal sont peut-être plus ciblés et dès qu’il y a quelque chose de plus « soft » qui vient dans leur festival, ils aiment moins.
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> Et comment est le public nantais ?
K20 : Ah bah c’est le meilleur, mais c’est le plus chiant ! (rires) Mais on ne joue pas souvent à Nantes. Bon, c’est un peu exprès car on a souvent les foies de jouer là parce qu’on a tous les copains, et 95% sont des musiciens. Et puis, il y a les parents, la famille, et tout.
Warren : Les pires juges ! (rires)
K20 : Mais on est bien accueillis. Comme disait Warren, parfois les gens viennent pour la tête d’affiche mais ressortent agréablement surpris par notre concert.
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> On parlait avec des groupes de Tours qui nous disaient que leur scène musicale se développe sur une entraide, et non un esprit de compétition, contrairement à Paris. Est-ce également comme ça à Nantes ?
K20 : Ce n’est pas qu’il n’y a pas de compétition, c’est plutôt que tout le monde se connaît.
Warren : Oui, c’est ça. Mais il y a forcément un peu de compétition cachée. Il y a beaucoup d’entraide car il existe des infrastructures qui aident les groupes à se développer. Et puis, les gens sont obligés de s’entraider face aux majors qui se cassent un peu la gueule.
K20 : Et tout le monde va jouer un peu avec tout le monde. Il y a des musiciens nantais de vingt ans, et des plus vieux. Tout le monde connaît tout le monde et est au courant de l’actu de chaque groupe. Donc c’est vrai qu’il n’y a pas forcément de compet’ ; ce sont les copains, la famille.
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> C’est vrai qu’on est dans une période où beaucoup de majors se cassent la gueule, et de nombreux indépendants se développent. Quel est votre point de vue par rapport à ça ?
K20 : Nous, on est indépendants à mort depuis le début !
Warren : Oui, parce qu’on a envie de faire ce qu’on veut, sortir les pochettes qu’on veut, et faire les paroles qu’on veut.
K20 : Ça fait 4-5 ans qu’on existe tous les deux, et on bosse de façon un peu familiale avec LMPmusique, une boîte de prod’. On est libres.
Warren : Justement en parlant de l’entraide et des amis musiciens, on a des potes qui sont dans des majors et qui nous racontent des sketchs. On est tellement contents de ne pas être chez eux ! Après avec K20, on s’est rencontrés dans un projet où ils venaient de signer chez un gros label et on a eu la même petite histoire que beaucoup de groupes qui ont signé un peu à la va-vite…
K20 : On ne sait pas où on sera dans cinq ans, mais pour l’instant on aimerait grossir en même temps que notre boîte de prod’.
Warren : C’est bien d’être indé, je trouve !
K20 : Oui, et on n’est pas des chieurs de thune non plus. On fait la musique dont on a envie. Et puis un jour, si on passe en radio et qu’il y a une major qui nous propose, on verra ce qui sera faisable. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas.
KO KO MO
> Vous disiez aussi que ça permet de faire les pochettes que vous voulez et, effectivement, on voit que l’aspect visuel est assez mis en avant dans le groupe. Comment travaillez-vous là-dessus ? Et particulièrement pour ce qui est de la pochette de votre dernier album Lemon Twins et du clip White House Blues, dans les tons jaunes.
Warren : C’est assez familial, c’est ma chérie qui a fait les deux pochettes et les différents visuels ; les bandeaux avec des dates ou ce genre de chose. Donc la charte graphique, c’est elle qui la tient un petit peu parce qu’elle nous connaît bien et qu’elle connaît nos identités différentes. Pour les clips, jusqu’à maintenant on avait bossé avec Sébastien Marqué. Mais là, pour sortir du lot, on a voulu faire un clip d’animation. On ne savait pas encore avec qui, alors notre manageuse a téléphoné à droite à gauche, et c’est elle qui nous a trouvé ce plan-là.
K20 : Avec le premier single, on était un peu restés dans la même veine que Technicolor Life, et là on voulait un truc nouveau.
Warren : Et puis maintenant, on a la chance d’avoir un quatrième larron sur la route pour faire nos photos. C’est lui qui fait nos photos depuis le début, et c’est lui qui a fait la photo sur la pochette de l’album.
K20 : On avait un beau visuel sur le premier album, et on s’est dit que pour le deuxième album on pourrait faire un truc un peu foufou. Parce qu’on se prend au sérieux dans la musique, mais on essaye de ne pas trop se prendre au sérieux dans la vie artistique et tout ça. Donc on a joint les deux : ta chérie, et notre chéri photographe ! (rires) On a fait un petit mélange cool entre les idées de chacun. On voulait un truc un peu flashy pour qu’on ne voit que l’album de KO KO MO dans les bacs ! (rires)
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> Pour ce qui est du clip, il y a aussi une dimension politique dedans.
Warren : Oui, et on ne pouvait pas y échapper car c’est un clip qui parle de Trump.
K20 : Mais ce n’est pas uniquement politique.
Warren : C’est Trump, mais en fait on aurait pu dire n’importe qui dans n’importe quel pays où des gens essayent de porter atteinte à des libertés. Quand on voit qu’à la fin du clip, les mecs ont fait ça juste pour une boule à facettes. On en est presque là aujourd’hui…
K20 : C’est une manière de dire qu’on danse en attendant la fin de son mandat, mais ça ne va pas plus loin que ça.
Warren : D’ailleurs, on ne cite même pas une seule fois son nom.
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> En 2017, dans une interview pour Indiemusic, vous avez déclaré que vous aimeriez faire un album acoustique avec des instruments organiques. C’est toujours d’actualité ?
K20 : On a des idées acoustiques, mais pas forcément pour faire un album. On aurait l’idée de faire quelque chose… peut-être pas un opéra-rock…disons du KO KO MO plus énervé, avec un orchestre derrière. Un opéra un peu classe, unique. Mais un album on ne sait pas, on ne connaît pas encore le troisième.
Warren : C’est surtout que maintenant les gens nous collent une étiquette vachement seventies, et une partie électro aussi. C’est simple dans leurs têtes de nous définir bien séparément, pour mettre un premier nom sur un projet. Mais peut-être que dans dix ans, on touchera à beaucoup plus d’esthétiques parce qu’on écoute de tout avec K20 ; on aime bien se faire découvrir de nouvelles musiques.
K20 : On fera peut-être un album plus seventies sans machines, ou un album plus polka ! Après, on est très attachés à Radiohead. Pour nous, c’est un groupe de rock à la base, mais qui a rencontré des gens, des artistes et des producteurs qui l’ont fait un peu changer. Et on adore ça, parce qu’il y a toujours du Radiohead dedans. Donc, ouais, peut-être que dans dix ans, si on joue toujours ensemble, et si on s’aime toujours, notre musique sera toujours KO KO MO mais en un peu différente. On ne sait pas où on va, mais on y va !
Warren : On ne s’interdit rien !
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> Et pour finir, KO KO MO, ça vient d’où ?
Warren : Mince, on s’était dit que c’était cool, vous n’alliez pas poser la question ! (rires)
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> Désolées ! (rires) En fait, c’est bien, parce que quand on tape « KO KO MO » sur Internet, on vous trouve tout de suite, alors que d’autres groupes nous disaient avoir des problèmes de référencement…
Warren : Depuis qu’on a mis les espaces, oui ! Parce que sinon, Kokomo c’est une ville. Il y a plein d’endroits dans le monde qui s’appellent comme ça.
K20 : Sinon, c’est le nom d’un bluesman des années vingt, James Arnold dit Kokomo. Comme Warren vient du delta blues on a gardé ça et puis, en plus de servir de nom de groupe, ça fait aussi un petit logo. Et ça se prononce comme ça partout dans le monde.
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> Merci KO KO MO !
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www.ko-ko-mo.com
www.facebook.com/pg/thisiskokomo

Photos © Laure CLARENC pour Can You Hear The Music ?
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Etudiante, je suis une passionnée d'art, et plus particulièrement de musique et de cinéma. Attirée par le milieu du journalisme et de la communication, j'aime partager mes petites découvertes artistiques avec les autres.

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