Découvrez KOMOREBI, un duo electro-poétique plein de promesses

KOMOREBI est un duo de musique électronique dont la poésie nous touche. Construit autour des mots, de leurs sens et de leurs origines, accompagnés de sons qui portent avec élégance chaque histoire, chaque propos, l’univers de KOMOREBI possède une richesse artistique passionnante. Mais qui est KOMOREBI ? Comment Claire et Clara, les deux artistes à l’origine du projet, se sont-elles rencontrées, où veulent-elles emmener leur duo ? Les deux jeunes femmes ont accepté de répondre à nos questions. Rencontre avec un duo qui devrait rapidement faire parler de lui.

> Votre EP Ici est disponible depuis quelques semaines. Comment vous sentez-vous et comment s’est passée la sortie ?

Claire : Nous étions assez émues. L’apparition de la pochette de l’EP, sur les plateformes, à minuit, a provoqué un petit bouleversement dans le cœur.

Clara : Nous sommes vraiment contentes parce que l’EP était fini depuis presque six mois. Le partager est une étape, cela le rend davantage réel. Même si pour moi, la vraie étape, celle qui me fera prendre conscience que nous avons sorti un CD, sera quand nous pourrons refaire des concerts, discuter avec les gens, vendre le CD à la fin… Cela marquera la fin d’un cycle et complètera vraiment tout le travail que nous faisons depuis 1 an.

> La crise a-elle impactée le processus de sortie de votre EP ? Est-ce pour cela que vous ne l’avez pas sorti de suite une fois terminé ?

Clara : Non, c’est une temporalité assez classique. Quand je dis que l’EP était fini il y a six mois, cela signifie que les morceaux étaient mixés, masterisés et comme nous avons la chance d’avoir un attaché de presse, un label et un éditeur il y avait beaucoup de travail de fond à mener pour que la sortie se fasse correctement. On sort des singles avant, des clips un par un… C’était vraiment une décision stratégique assez classique.

Claire : Surtout que nous n’existons pas encore sur les plateformes. C’est notre première sortie donc il fallait aussi créer un peu de place, construire un paysage autour de nous pour commencer à se faire connaître.

> Comment est né le duo KOMOREBI ? Pouvez-vous nous parler de votre projet, de votre rencontre ?

Clara : Nous nous sommes rencontrées et avons commencé à faire de la musique ensemble en 2016. Mais comme nous nous connaissions pas très bien et que nous avions jamais fait de musique ensemble, nous avons choisi, pour créer, de poser un cadre, une contrainte, un propos fort. Entre nous, les tâches sont assez bien réparties : je suis plus sur la partie musicale et Claire davantage sur la partie texte et chant. Donc le fait d’avoir un propos fort nous permet d’aller toutes les deux dans la même direction. Nous avons attendu volontairement plusieurs années avant de sortir notre premier EP. Nous n’avons fait que de la scène pendant 3 ans parce qu’on appréciait de laisser mûrir les compositions, les morceaux, de les faire évoluer… Et l’année dernière, en 2020, nous avons senti que nous étions arrivées à maturation, que le propos se figeait, était plus clair, plus intime, plus personnel. Avant, nous travaillions à partir de mots intraduisibles, comme le mot KOMOREBI, qui donne son nom au duo et qui est un mot japonais qui n’existe pas en français. Ce mot signifie « Les rayons du soleil qui filtrent à travers le feuillage des arbres ». Donc pendant 3 ans nous avons composé à partir de ce concept des mots intraduisibles, qui était une vraie fenêtre sur la nature, la poésie, la contemplation… mais qui était moins intime que les sujets que nous abordons désormais. Aujourd’hui, KOMOREBI est un duo de poésie électronique, parce que nous faisons de l’electro-pop et que la poésie est très importante pour nous, mais aussi les émotions, les sensations, l’idée de faire ressentir des choses aux gens quand ils écoutent les morceaux, lisent nos paroles ou nous voient sur scène… Tout cela nous anime. Et l’EP que nous avons construit, de par les chansons, les clips et l’univers visuel, appelle à se recentrer sur les émotions.

Claire : L’EP appelle aussi à s’écouter pour se laisser traverser, assumer les émotions, qu’elles soient positives ou négatives et accepter tout cela, s’en apercevoir, prendre le temps de les observer, de les ressentir…

> Comment se passe votre processus de composition ? Vous expliquiez précédemment que chacune avait son « rôle », comment faites-vous ensuite ? Est-ce que vous mettez vos idées en commun, vous retravaillez ensemble ? Est-ce qu’il vous arrive d’échanger vos rôles ?

Claire : Le fait d’avoir une contrainte de base, comme un mot intraduisible ou une émotion, nous permet d’avoir un point de départ. Ensuite nous allons chacune, de notre côté, réfléchir en fonction de ce thème, écrire, composer, s’inspirer de cette ligne créatrice. Puis nous nous montrons ce que nous avons fait et nous allons retravailler ensemble pour finir d’aller dans la même direction et terminer un morceau.

Clara : Aujourd’hui le processus est beaucoup plus poreux qu’avant. Je trouve que c’est bien d’être complémentaire et d’avoir des périmètres de travail définis car cela permet d’avoir des premiers jets rapidement, sans que cela se cannibalise. Mais depuis un an, et notamment pour cet EP, j’ai davantage mis le nez dans le texte et Claire s’est beaucoup plus intéressée aux compositions également. Je pense que nous avions toutes les deux conscience que figer les morceaux sur un CD, leur donner une forme définitive, était très engageant. Il fallait que les morceaux soient le parfait mélange de nos deux esthétiques, de nos deux aspirations. Aujourd’hui cela se mélange, même sans la contrainte. Je vais composer un morceau naturellement, sur lequel Claire va poser un texte naturellement et avec ce même naturel, nous allons tout re-malaxer à deux. Nous sommes pas tout le temps d’accord mais nous arrivons toujours à quelque chose qui nous plaît, qui n’est pas un compromis et qui est l’idéal à la fin. C’est un enrichissement mutuel qui est cool et marche assez bien.

> Ce premier EP se compose de 5 morceaux, pensés comme des chapitres. Comment vous est venue cette idée de chapitrage ? Comment l’avez construite et travaillée ?

Clara : Les morceaux existaient avant parce qu’ils étaient dans le répertoire du live que nous faisions tourner depuis 3 ans. Notre travail n’est pas parti de l’idée d’écrire une histoire et de composer les morceaux pour aller avec cette histoire, mais plutôt des morceaux que nous avions déjà et de l’envie de vouloir un fil rouge. Nous voulions que l’EP soit un seul objet parce que nous-mêmes, les artistes que nous aimons et que nous suivons, font des albums conceptuels et nous adorons ça. Comme par exemple, Le fil de Camille, ou ce genre d’album où tout a été pensé à la suite. En vrai on ne sait pas si la personne a d’abord pensé la trame puis a composé ou si elle s’est arrangée pour qu’il y ait du liant entre les morceaux. Nous, c’est ce que nous avons fait. Nous avons pris 5 morceaux et nous nous sommes rendues compte qu’ils parlaient tous d’une émotion, d’un état dans lequel nous pouvions être ou d’une tension vers quelque chose. On a trouvé cela bien et on s’est dit que ça allait être notre fil rouge, qu’on allait construire une espèce d’histoire, de voyage entre les émotions, à l’intérieur ou à l’extérieur de nous-mêmes. Nous trouvons intéressant que l’objet musical soit complet. Claire est également très sensible au graphisme, à l’esthétique et à l’art visuel donc le fait d’avoir créé un univers cohérent, lisible, permet de le décliner en images, en textes, en poésie…

Claire : Nous avons également pensé les clips pendant le premier confinement et ce chapitrage nous a permis de raconter cette histoire. Tous les clips vont ensemble, ils se suivent. Nous faisons vivre un personnage qui traverse toutes ces émotions. Mais chaque clip peut également être indépendant. C’était intéressant de créer une sorte de puzzle qui soit lisible individuellement mais aussi globalement.

> Votre musique n’est pas que divertissante puisque finalement vous avez aussi pour objectif de toucher le public, de l’aider à assumer des émotions et à se laisser traverser par elles… Est-ce qu’il y a une part d’intime dans votre musique ? Est-ce difficile de parler de soi dans un EP tourné vers l’émotion ?

Claire : En composant, en s’inspirant, en partant d’un mot intraduisible, d’une émotion, d’un titre… on pourrait penser qu’on se cache derrière cela en se disant que c’est cet élément qui va créer l’inspiration. Mais en fait, maintenant que c’est écrit, pour certains morceaux, je me suis vraiment inspirée du mot, j’ai ensuite écrit par rapport à lui et après coup je me suis rendue compte que ça parlait quand même de ma vie. Je trouve que c’est fou, quand on s’en rend compte en deuxième lecture. Il y a quand même un morceau où je dis « je », où c’est du vécu mais les autres peuvent en effet avoir une double lecture.

> Ce qui signifie qu’à la base, vous n’avez pas créé KOMOREBI dans une idée de catharsis, pour partager vos émotions personnelles ?

Claire : Non pas vraiment.

Clara : Mais je trouve que c’est intéressant de se demander pourquoi la personne qui écrit un texte va parler du sujet qu’elle aborde dans ce texte en question. Une fois que nous recevons la musique, nous avons l’impression que la personne a composé cette chanson directement pour nous, pour qu’elle soit écoutée, pour la diffuser, la partager… Nous oublions que le tout premier processus de création est très intime, très personnel. Au moment où nous écrivons un texte, que nous composons un morceau, nous ne savons pas encore si nous allons le partager. Souvent c’est un élan de création parce que cela nous fait du bien à ce moment là, que nous avons cette idée qui nous traverse et qu’il faut qu’elle sorte. Et je trouve ça cool de se rappeler que la plupart des gens qui créent, au moment où ils créent, ils le font pour eux avant toute chose. Ensuite, si on veut en faire son métier, si on prend du plaisir à le partager sur scène ou sur Internet… on en fait un objet public qu’on partage et on décide à quel point on va montrer de l’intime ou, à l’inverse, ne pas en montrer. Mais c’est évident, qu’à chaque fois, les premiers jets sont pour soi. Dans notre cas, c’est certainement parce que nous avions besoin de parler d’émotions, de faire de la musique un peu sensible parce que dans nos vies nous étions certainement dans cet état.

> Votre EP est composé de 5 titres et chacun de ces morceaux possèdent un double-nom. Pourriez-vous nous expliquer la double construction du nom de ces pistes ?

Claire : Nous avons utilisé des mots intraduisibles en français. La base de notre projet s’est construite autour de ces mots intraduisibles. Le premier mot que nous avons trouvé est KOMOREBI. Quand nous avons découvert ce mot, nous avons réalisé que les japonais avaient un seul mot pour dire toute une phrase. Nous ne connaissions pas du tout l’existence de ces mots. Ensuite nous avons cherché, fouillé et nous sommes tombées sur un dictionnaire des mots intraduisibles, qui s’appelle Les mots qui nous manquent et qui a été notre puit, notre mine d’or où nous allions nous enrichir. Puis nous nous sommes fixées douze mots et cela a constitué la première base de notre projet KOMOREBI. Nous avons pris douze mots, douze langues et nous les avons traduits en musique, en textes, en vidéos et en cartes postales. 3 des 5 morceaux qui composent l’EP et qui sont nommés avec des mots intraduisibles, sont tirés de cette première période. Ils ont évidemment leur traduction en français : Tailwind , un mot anglais, signifie « le vent arrière », Voorpret, en néerlandais, veut dire « plaisir éprouvé avant d’éprouver le plaisir » et Hara-Xin correspondent à deux mots chinois que nous avons décidé de lier parce qu’ils avaient du sens ensemble. Hara signifie « les entrailles » et Xin, « le coeur tête », car pour les chinois les émotions sont plutôt dans le ventre et la connaissance dans le cœur.

Clara : Ce recueil des mots intraduisibles est une bible que tout le monde devrait avoir. Cela renvoie au fait que dans certaines cultures, les populations ont des mots qui dévoilent des éléments propres à leurs cultures, que nous n’avons pas. C’est vraiment passionnant.

Claire : Ces mots sont très inspirants et c’est pour cela que nous sommes parties de ces bases pour créer.

Clara : Et les sous-titres ajoutés aux mots intraduisibles viennent d’une volonté de rendre tout cela plus littéraire, dans une idée de chapitre. Tout cela s’inspire vraiment de la littérature ou du cinéma, avec la notion d’épisode, de sous-titres qui vont ensemble… Chaque sous-titre commence par « La ». Mais c’est de l’enrobage parce que nous avions envie qu’il y ait toutes ces inspirations littéraires, cinématographiques…

> KOMOREBI ce n’est pas juste de la musique. On s’aperçoit qu’il y a vraiment toute une réflexion, une création autour du projet. Vous donnez de l’importance aux mots, au visuel… Comment est-ce que vous gérez tout cela à deux ? Est-ce difficile à gérer, à penser, à construire ?

Claire : À la base j’ai fait des études de graphisme. J’ai toujours eu cette sensibilité et cette volonté de créer de l’image parce que les yeux sont aussi très importants pour la musique. Et pour créer une image pour le monde extérieur il est important d’être juste avec notre musique, faire en sorte que cela colle avec nous. Vouloir créer sa propre image est également un énorme champ de création. Il faut que cela vienne de nous et c’est génial d’avoir la technique et les moyens de le faire. Avec Clara nous nous sommes également mises au montage vidéo, en pratiquant. À chaque fois nous apprenons. C’est aussi une volonté de vouloir toute maîtriser parce que cela nous permet d’aller vite et nous sommes contentes de ce que nous sortons.

Clara : KOMOREBI, pour Claire et moi, est notre vie. Nous pensons tout le temps au projet et dès que nous faisons quelque chose, c’est pour KOMOREBI. Donc quand nous nous disons qu’il faudrait illustrer un morceau en clip, l’idée de faire une commande à quelqu’un qui ne serait pas dans le projet ne nous vient pas l’esprit. Surtout que nous savons de quoi parle le titre, nous avons des idées et nous nous amusons à créer… Nous collaborons avec des amis, la sœur de Claire a tourné dans des clips… Nous travaillons uniquement avec des gens que nous connaissons déjà et cela nous permet d’assurer une continuité, une cohérence dans notre projet. En vrai, cela nous plaît vraiment de faire tout cela. Si un jour nous avons trop de choses à faire, que nous faisons une tournée internationale et que nous ne pouvons plus réaliser nos propres clips, nous les ferons faire. Mais pour le moment, nous avons du temps, nous prenons du plaisir à le faire et nous aimons apprendre de nouvelles choses. C’est agréable de tout faire.

> Il semblerait que le fil conducteur de votre EP soit l’histoire d’une jeune femme qui se libère notamment des questions de genre. C’est un sujet qui vous interpelle ?

Clara : Claire et moi avons créé un personnage, un alter-ego, car nous ne voulions pas personnifier notre EP. Nous ne sommes pas très intéressées par l’idée d’incarner, d’être le visage de notre musique. En décrivant ce personnage, nous donnons plein d’informations sur elle, notamment qu’elle veut se libérer de plusieurs choses. Mais ce qui faut retenir de ce personnage ce n’est pas qu’elle veut se libérer de son conditionnement de genre. À chaque information que je donne sur elle, je contrebalance celle-ci. Nous avons par exemple écrit qu’elle est une femme mais qu’elle ne veut pas être réduite à sa condition de femme. Cela ne veut pas dire que son combat premier est de déconstruire le genre, car elle est notre alter-ego et nous, dans la musique, nous aimerions que notre condition de femme soit un non-sujet. Évidemment, nous sommes très engagées. En tant que femmes qui font de la musique électronique et qui parlent de poésie, d’émotions, nous menons des combats en permanence pour ne pas être réduites à des femmes qui parlent d’amour. Mais je n’ai pas envie que cela détourne de notre propos principal qui correspond au fait que ce soit une femme qui se laisse traverser par ses émotions, qui apprend à les regarder, à les accepter et qui en sort grandi. C’est un propos plus généraliste et à peine à côté du fait qu’elle veuille se libérer de sa condition de femme, même si c’est le cas. Elle a des attributs féminins et masculins comme la plupart des gens sur Terre. C’est une femme comme les autres.

> Vous nous expliquiez avoir tourné pendant 3 ans avant de vous poser en studio pour enregistrer votre premier EP. Comment avez-vous vécu l’arrêt du live pendant la crise sanitaire ?

Claire : La réalisation de l’EP nous a pris beaucoup de temps cette année et nous a détourné l’attention des concerts. Depuis les choses évoluent assez bien. Nous avons fait plusieurs résidences pour être prêtes pour la reprise. Et maintenant que les concerts vont reprendre nous avons des dates qui arrivent. Donc tout se passe plutôt bien.

Clara : Nous ne faisions pas partie des artistes qui avaient une tournée prévue au printemps 2020 et qui ont tout arrêté.

Claire : Nous n’avons rien annulé. Et maintenant que les lieux ré-ouvrent, nous avons des dates.

> Vous arrivez à faire cohabiter la musique électronique et la poésie avec talent. Quelles sont vos inspirations ? Qu’aimeriez-vous faire découvrir aux lecteur·rices de Can You Hear The Music ?

Claire : Camille m’a vraiment bercée. Je suis tout ce qu’elle fait, je l’ai vu en concert. C’est une artiste que j’adore. Elle a réussi à imposer un style, une ligne. Sinon j’adore Feist, Flavien Berger, Bonnie Banane. En livre, je citerais Kae Tempest, qui vient de sortir un nouveau livre très bien, intitulé Connexion. Mais aussi Cécile Coulon, une poétesse de Clermont, et Rupi Kaur, toujours pour la poésie.

Clara : Pour moi ce serait plutôt Gorillaz et Moderat. Mais aussi James Blake, Noga Erez. J’aime également Christopher Nolan, qui m’inspire aussi.

> Pour terminer, vous disiez que vous avez déjà un certain nombre de morceaux déjà composés. Envisagez-vous de sortir un album ?

Clara : Oui nous allons sortir un album, c’est sûr. Mais vu le temps que la réalisation de l’EP nous a pris et ce que nous avons mis dedans : chapitres, courts-métrages… L’album sera probablement une création sur 15 ans, une course d’orientation pour découvrir les morceaux (rires). Je pense que nous allons essayer d’accélérer le processus. C’est tellement excitant d’avoir sorti un EP, nous avons compris que c’était cool de sortir de la musique. Un petit album pour 2022 serait pas mal.

> Un format physique de l’EP est-il prévu ?

Clara : Il y aura un format physique mais sans distribution dans les magasins. Des CD et des vinyles seront vendus à la fin des concerts.

KOMOREBI jouera le 23 juillet au File7 à Magny-le-Hongre (77), le 30 juillet à Besançon, le 30 août à Belfort. Retrouvez toutes leurs dates à venir sur leur page Facebook.