Joon Moon nous enivre avec « Chrysalis »

Actrice hollywoodienne phare des années 1950-1960, tristement devenue star déchue de cet âge d’or californien, Joon Moon s’apprête à faire son grand retour. Mais cette renaissance se fera au creux de nos oreilles, loin des écrans des salles obscures, car Joon Moon est une actrice pas comme les autres. Faite ni de chair, ni d’os, c’est un personnage imaginaire dépeint par Julien Decoret au sein de son projet musical auquel cette irréelle Joon Moon a donné son nom. Et après un premier album, ses aventures se poursuivent sur Chrysalis, dans les bacs depuis le 27 août dernier.

Issu d’une formation classique au sein d’un conservatoire où il a appris à maîtriser (avec brio) la contrebasse, Julien Decoret s’est tracé, non pas un, mais de nombreux et jolis chemins musicaux. Avec un fort penchant pour la musique électronique, il se lance dans la production sur le Label Pamplemousse Records. Les dés sont jetés et rien ne semble stopper son envolée musicale. Producteur-réalisateur, arrangeur pour les musiques de films, et membre pendant plus de quinze ans de la formation pop-bossa-nova Nouvelle Vague, c’est désormais au sein de Joon Moon qu’il entend laisser parler sa liberté musicale. Epaulé par le batteur Raphaël Chassin, il s’est lancé le pari de mêler la musique contemporaine hexagonale à la soul élégante de l’Amérique du XXème siècle.

Si la voix de Krystle Warren avait rythmé Moonshine Corner, c’est désormais au tour de l’Américaine Liv Warfield d’habiller les huit morceaux de Chrysalis avec sa voix aussi chaleureuse que prodigieuse. Et le résultat est beau, classe et maîtrisé. Nous voilà revenus dans les grands moments de la soul ; cette époque où les chanteuses possédaient des voix puissantes qui prenaient aux tripes. Dans la lignée d’une Nina Simone, Liv Warfield nous entraîne et nous hypnotise à chaque mot. Le tout agrémenté par des arrangements pop modernes. Mais la réussite de Joon Moon ne tient pas seulement à un mélange savamment dosé de nostalgie et de modernité ; il faut également saluer la richesse de l’instrumentation car Julien Decoret est avant tout un grand amoureux de musique. C’est parmi une collection de plus de cent instruments provenant des quatre coins du monde qu’il puise son inspiration et qu’il compose ses mélodies. C’est ainsi que bombo argentin et tama sud-africain se retrouvent au sein d’un même opus, Chrysalis, pour nous transmettre un groove enivrant. Et pour parfaire un opus déjà bien riche, le tout est joliment illustré par un artwork coloré qui prend vie sous nos yeux grâce à l’équipe de H5 Paris sur le clip de Young.

Alors, si ce n’est pas déjà fait, nous vous conseillons d’écouter Chrysalis, et de réserver votre 20 septembre car Joon Moon se produira, ce soir-là, au New Morning à Paris.

https://lnk.bio/joonmoonmusic

https://www.facebook.com/JoonMoonMusic

Photo © Emmanuel Noyon