Rencontre avec Bacchantes, quatuor féminin captivant à la fois rock et mystique

À quelques jours de la sortie de son premier album, le quatuor féminin Bacchantes a accepté de répondre à nos questions. Rencontre, inspirations, projets futurs… Cette interview a été l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce projet véritablement passionnant, qui sort des sentiers battus.

.

   > Vous sortez votre premier album dans quelques jours. Pour commencer, pourriez-vous nous raconter votre parcours ? Comment vous êtes-vous rencontrées ? Qu’est-ce qui a donné naissance à ce projet ?

Faustine : Nous nous connaissons toutes depuis longtemps. Nous faisions de la musique dans différents groupes qui se sont croisés, qui ont passé du temps ensemble il y a environ dix ou quinze ans. Amélie, la guitariste, jouait dans un groupe de noise qui s’appelait Fordamage, Claire jouait entre autre dans Sieur et Dame, Astrid dans un groupe qui s’appelle Mermonte et moi je jouais essentiellement sous mon nom, Faustine Seilman et j’ai aussi participé au projet My Name Is Nobody pendant quelques années. Nous gravitions toutes dans le même cercle de musiciens et d’amis. Il n’y avait qu’Astrid et Claire qui ne se connaissaient pas et qui se sont rencontrées le jour de la première répétition. J’ai eu l’idée de faire se rencontrer Amélie, Claire et Astrid en proposant la création d’un groupe, toutes ensemble. Nous nous sommes bien entendues dès la première répétition. Musicalement, des choses qui nous satisfaisaient toutes sont sorties très rapidement. Mais c’était aussi une grande découverte, parce que nous avons toutes pris une place qui ne nous était pas donnée de cette manière à la base. Nous avons tenté de nouveaux instruments, Astrid s’est mise à la batterie plus sérieusement… Dans ce projet, nous avons toutes testé des choses et on se le permet toutes également.

Claire : Le projet a débuté en janvier 2016. Nous nous sommes vues sur deux sessions, pendant lesquelles nous avons commencé à créer quelques morceaux. Puis il y a eu une petite pause maternité d’un an pour Amélie et moi, et nous avons repris pendant l’été 2017. Depuis cette période, nous nous voyons de façon épisodique mais très centrée et très intense, tous les deux, trois mois, au rythme des vacances scolaires. Nous n’habitons pas à proximité les unes des autres.

.

   > Comment avez-vous travaillé sur votre premier album ? Comment s’est passé sa composition, son enregistrement ? Et à partir de quand avez-vous commencé à travailler dessus ?

Claire : Nous avons joué à Rennes, dans un petit café-concert qui s’appelle Le Marquis de Sade et à cette occasion nous avons rencontré Étienne Foyer, qui faisait le son du concert ce soir là. Il a bien aimé et nous a écrit pour nous dire qu’il serait partant pour nous enregistrer. Mais nous ne le connaissions pas.

Astrid : Il nous a envoyé un petit CV, c’était très chouette, nous avons beaucoup apprécié.

Claire : Et son CV nous a impressionnées… Tous les groupes avec lesquels il a tourné sont des groupes que nous aimons bien. Du coup c’est parti comme ça, sans vraiment se connaître finalement. Puis nous nous sommes retrouvés en novembre 2019 dans un lieu de résidence très chouette, entre Nantes et Ancenis. Ce lieu offrait une grande salle, un grand parquet, des grands pendards noirs… l’endroit est plutôt destiné au théâtre ou au jazz. Il y avait un gîte attenant. C’était notre rencontre avec Étienne et nous avons passé une très très bonne semaine d’enregistrement.

Faustine : C’était à la fois une super belle rencontre et un gros pari, parce que nous ne connaissions Étienne ni d’Ève ni d’Adam. Au final nous aimions les groupes avec lesquels il avait travaillé mais humainement nous ne le connaissions pas. Et le lien humain est très important pour les filles de Bacchantes. Finalement nous nous sommes retrouvées avec un mec qui nous ressemblait vraiment beaucoup, qui aimait bien papoter, prendre le goûter, boire le thé, prendre l’apéro… C’était une chouette rencontre.

.

   > Votre album va sortir sur le label Figures Libres Records, un label indépendant de la région Centre-Val de Loire, piloté par l’association Figures Libres qui organise notamment les Rockomotives, festival où vous avez également joué en octobre 2020. Comment s’est passée la rencontre avec l’équipe de ce label ?

Astrid : Nous avons toutes joué aux Rockomotives avec nos différents projets et nous avons donc toutes rencontré Richard Gauvin, le programmateur du festival. C’est quelqu’un que nous connaissons depuis longtemps. Lors de notre dernière tournée en décembre 2019, nous l’avons invité à manger. Il nous a demandé où nous en étions dans notre recherche de label, nous a expliqué qu’il avait son propre label et il nous a dit qu’il serait content de nous aider si nous le voulions. Nous avions plusieurs pistes de labels mais au final nous avons contacté Richard et les choses se sont passées très naturellement.

Amélie : Puis on trouvait que c’était cool que ce soit quelqu’un que nous connaissions et que ce soit une petite structure sans pression, étant donné que nous habitons loin les unes des autres, avec des emplois du temps assez compliqués pour pouvoir tourner pour défendre l’album… Puis avant, nous avions également donné un concert à Thoré-la-Rochette et Richard nous avait vu. Il avait beaucoup aimé.

.

   > En parlant des Rockomotives, vous avez eu la chance d’y être programmées lors de la précédente édition, en octobre 2020 et ce malgré la crise. Avez-vous pu faire d’autres concerts ? Comment l’avez-vous vécu ?

Amélie : Nous n’avons eu que deux concerts en 2020.

Claire : Nous avons fait un concert de sortie de résidence en juillet, à Nègrepelisse, dans le Lot, en plein air. C’était très chouette. Et le concert aux Rockomotives était vraiment très beau. Il y a eu comme un moment de grâce, un moment précieux pour nous les musiciennes, mais aussi pour le public. Nous savions tous que la situation était en sursis et que c’était peut-être le seul concert, le dernier avant le re-confinement. Du coup il y avait quelque chose de très précieux, de très centré, pour tout le monde. Personnellement, j’ai vraiment trouvé ce moment très très beau. Puis après nous sommes allées voir le concert de Bertrand Belin et c’était encore un autre moment de grâce.

Astrid : C’était une super soirée, mais c’était aussi très compliqué de vivre ça en tant qu’artiste parce qu’il n’y avait pas de bar, pas de contact avec le public à la sortie du concert, pas trop de possibilité de vendre des choses, de rencontrer les gens, pas de retour direct et pas de contact avec d’autres artistes. Cela aurait pu être l’occasion pour nous de boire un verre avec d’autres personnes que nous n’avons pas vu voir. C’était particulier.

.

   > Vous avez un univers assez singulier, basé autour d’harmonies vocales, un peu mystique, vous utilisez des instruments originaux… Comment travaillez-vous ensemble ? Comment articulez-vous vos quatre univers personnels ?

Amélie : Soit nous partons d’un texte, soit d’une ritournelle, d’une rythmique que l’une de nous a. Comme beaucoup de groupes probablement, nous commençons sur un petit élément et puis ça grandit.

Claire : Et nous composons ensemble. Il n’y en a pas une qui propose un morceau presque fini sur lequel les autres viendraient se greffer.

.

   > Parmi vos instruments, on retrouve notamment l’harmonium indien, qui assez peu courant. Qu’est ce qui inspire Bacchantes ?

Faustine : Astrid, Amélie et Claire (rires).

Astrid : Le rock indépendant est un des styles qui nous unit musicalement. Mais chacune de nous écoute plein de choses : du classique, de la musique traditionnelle, des musiques du monde, du gospel, du RnB, du hip-hop… C’est très vaste. Notre univers dépend plutôt de notre sensibilité, plus que de nos influences musicales.

.

   > Vous avez également prévu la sortie d’un nouveau clip. Quand sera-t-il en ligne ? Pouvez-vous en dire un peu plus sur sa réalisation ?

Faustine : Nous sommes un peu dans le flou. Il y a quelques petits éléments qui risquent de retarder la sortie mais qui ne sont pas liés au contexte sanitaire. Donc peut-être fin janvier, début février. Nous ne savons pas encore.

Claire : Nous avons travaillé avec Carole Thibaut, une amie qui tourne des vidéos en 16 mm.

.

   > Êtes-vous sereines ou plutôt angoissées à l’idée de sortir votre premier album dans une période un peu délicate, qui ne permet pas de savoir si vous pourrez présenter votre album sur scène une fois qu’il sera sorti ?

Amélie : Nous avons des dates prévues en avril mais nous ne savons pas si nous pourrons les faire. Mais concernant l’album, nos morceaux commencent à dater, donc personnellement j’ai hâte qu’il sorte. Donc crise ou pas…

Faustine : Ça ne me touche pas plus que ça non plus. C’est un disque qui va faire sa vie, qui va passer entre de nombreuses mains, être vendu. Pour moi ce n’est pas une période de sortie qui fera que l’album se vendra ou pas. Il y a des personnes qui vont l’acquérir avant les concerts et notre fonctionnement est tellement épisodique qu’il ne sera pas trop impacté par la sortie ou les ventes. Les gens viendront nous voir en concert, ils seront contents de venir, puis entre temps nous aurons peut-être fait d’autres choses… Nous verrons.

Claire : Et puis cette sortie de disque nous aura bien occupées pendant le 2ème confinement !

.

   > Vous ne ressentez pas de frustration en pensant que vous ne pourrez peut-être pas le jouer en live tout de suite ?

Faustine : Mais nous allons le jouer, je suis hyper optimiste !

Amélie : Et puis nous l’avons déjà joué. Ce n’est pas comme quand tu sors un deuxième album que les gens ne connaissent pas du tout. Généralement, pour un premier album, tu as déjà joué les morceaux en live. Et du coup, ces morceaux nous les avons déjà joués. Et puis nous avons hâte de créer d’autres morceaux, de faire un autre album ou un autre EP.

Claire : Nous y croyons quand même à la possibilité de défendre ce disque et à pouvoir le jouer dans pas si longtemps. En avril peut-être, ou cet été.. J’espère !

Astrid : Nous aimerions juste faire plus de deux concerts. Si nous en faisons dix nous serons contentes…

.

   > Est-ce que vous pensez déjà à de nouveaux titres ? Avez-vous déjà composé des nouveaux morceaux ?

Faustine : Nous nous voyons assez peu donc nous n’avons pas énormément de choses. Mais nous avons bien avancé sur deux nouveaux morceaux quand nous étions à Nègrepelisse l’été dernier.

Astrid : Que nous avons joués à Vendôme !

Faustine : Il y a des nouveautés qui sortent à chaque fois que nous nous voyons. Ça avance bien. Nous avons un temps de travail prévu en février, puis cet été, donc il est possible que nous ayons rapidement des nouveaux morceaux. Et pourquoi pas un nouvel enregistrement, plus court…

.

Merci à Amélie, Astrid, Claire et Faustine pour cet échange plein de sympathie !

Le premier album du groupe sortira le 5 février 2021 sur le label Figures Libres Records. Cliquez ici pour le précommander.

www.facebook.com/bacchantesmusic

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *